Tout le monde rêve, mais à quoi ça sert ? © REDPIXEL, Fotolia

Santé

Pourquoi rêvons-nous ?

Question/RéponseClassé sous :Sommeil , rêve , sommeil paradoxal

Le rêve a lieu lors d'une phase particulière du sommeil mise en évidence par Michel Jouvet, le sommeil paradoxal, qui n'est ni une phase de sommeil classique ni une phase d'éveil. Mais à quoi servent les rêves ?

En moyenne, nous passons 20 % du temps de notre sommeil à rêver. Tout le monde rêve, même si nous ne nous souvenons pas toujours de nos rêves. Pendant le sommeil paradoxal, l'organisme est immobile mais pas totalement inactif : les yeux bougent et un électroencéphalogramme indique une activité cérébrale rapide et de faible amplitude.

Pour le psychanalyste, le rêve exprime des désirs inconscients. Mais le rêve a-t-il une fonction biologique précise ? Certains pensent que les rêves sont importants pour la santé mentale et psychologique. Ainsi le rêve jouerait un rôle dans la consolidation de la mémoire. Le rêve a donc des fonctions différentes selon qu'on se place du point de vue du psychanalyste ou du biologiste.

L’hypothèse de Michel Jouvet

En 1996, Michel Jouvet donnait une explication sur la fonction du rêve. Il faisait remarquer que le sommeil paradoxal apparaît chez des animaux homéothermes (animaux à « sang chaud ») au moment où s'arrête la neurogenèse : par exemple, chez l'Homme, au troisième mois, les cellules nerveuses arrêtent de se diviser. En revanche, chez les poïkilothermes, la neurogenèse ne s'arrête pas : les cellules du cerveau continuent de se diviser.

L'hypothèse de Michel Jouvet est que le sommeil paradoxal a pour fonction de « relayer la neurogenèse, en assurant la programmation génétique de l'individu », et notamment la programmation des comportements spécifiques de l'individu. Les rêves serviraient à maintenir des circuits synaptiques responsables de l'hérédité psychologique.

L'étonnant sommeil des autruches  Les autruches ont leur façon bien à elle de dormir. On n'observe pas l'alternance classique de longues phases bien marquées. Des périodes courtes d’éveil (wake), de sommeil profond (SWS) et paradoxal (REM) s’enchaînent. © Lesku et al., Plos One