Les émotions font jouer de nombreuses substances (hormones, neurotransmetteurs...) dans notre cerveau et dans notre organisme tout entier. © Jacob Lund, Fotolia

Santé

La chimie guide-t-elle nos émotions ?

Question/RéponseClassé sous :Sentiments , cerveau , chimie
 

Joie, colère, tristesse... Toutes ces émotions que nous ressentons résultent d'un équilibre subtil de substances dans diverses parties de notre cerveau.

Les émotions sont les réactions de notre corps provoquées par une stimulation venue de notre environnement. Elles sont traitées dans le système limbique de notre cerveau.

Joie et dopamine

Pour mieux comprendre comment fonctionne la joie par exemple, partons d'abord de la question suivante : à quoi la sensation de plaisir est-elle due ? Les chercheurs Olds et Milner ont découvert, en 1952, que le noyau accumbens gérait la récompense et le bien-être : il reçoit des informations venues, entre autres, de l'aire tegmentale ventrale via un neurotransmetteur, la dopamine. Une fois activé, le noyau accumbens communique avec diverses parties du cerveau en libérant trois neurotransmetteurs :

Colère : que se passe-t-il dans le cerveau ?

Lorsque nous ressentons de la colère, notre cœur s'accélère, notre respiration devient ample, nos muscles se contractent... Dans le cerveau, l'aire septale (noyau basal de Meynert, noyau antérieur du thalamus et corps mamillaires) s'active.

Un message est envoyé à l'hypothalamus médian qui va donner l'ordre de déverser dans l'organisme adrénaline, cortisol et testostérone. Hennig a montré, en 2004, qu'un faible taux de sérotonine est également lié à un comportement agressif.

La tristesse expliquée par la chimie

La tristesse est un moment de pause, d'analyse d'un moment difficile. Chimiquement, elle correspond à une baisse des enképhalines au niveau de l'amygdale. Un message est envoyé à l'hypothalamus qui déclenche une double action :

  • via le système sympathique, une libération d'adrénaline entraînant ventre noué et respiration accélérée ;
  • en parallèle, via le système parasympathique, l'acétylcholine et la noradrénaline sont déversées dans l'organisme, ce qui provoque larmes et prostration.

Le cœur, à la fois accéléré et ralenti, semble pris dans un étau...

L’amour, un sentiment complexe

L'amour n'est pas une émotion mais un sentiment complexe, qui met en jeu un large cocktail de substances. Lors d'un coup de foudre, un pic d'adrénaline survient, ce qui provoque un sentiment d'éveil et une accélération du rythme cardiaque. Parallèlement, un pic de dopamine engendre du plaisir.

Si l'amour dure, une activité accrue apparaît dans une région liée au sentiment d'attachement, le globus pallidus, et dans des structures riches en récepteurs à l'ocytocine, l'hormone de l'attachement.

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