Comment arrêter de fumer ? © Knut Wiarda, fotolia

Santé

Tabac : comment arrêter de fumer ?

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Pas facile pour les fumeurs de s'arrêter. Outre la volonté, il faut pouvoir s'affranchir de la dépendance à la nicotine. Voici quelques pistes pour réduire ou stopper le tabac.

Comment arrêter de fumer ? Cette question taraude tout fumeur qui tente un jour de lâcher la cigarette. En fait, c'est la nicotine qui est responsable de la dépendance.

Elle stimule les centres du plaisir et entraîne une dépendance à trois niveaux :

  • Dépendance comportementale, avec le réflexe de « tirer » sur la cigarette.
  • Dépendance pharmacologique, la nicotine ayant un effet anxiolytique et antidépresseur. Elle stimule ainsi les fonctions intellectuelles et agit comme un coupe-faim.
  • Dépendance physique enfin, car la privation de nicotine provoque un état de manque terrible qui se traduit par des symptômes à type de dépression, d'irritabilité, d'accès de colère...

Sachez pourtant que malgré tous ses défauts, la nicotine est moins toxique que les goudrons ou les nitrites contenus dans le papier à cigarettes. Voilà pourquoi l'un des meilleurs moyens de cesser de fumer est encore... de consommer de la nicotine sous des formes moins nocives, et aussi moins coûteuses que le tabac.

Traitements de substitution pour arrêter de fumer

Les traitements de substitution existent essentiellement sous forme de gommes à mâcher et de timbres transdermiques. Vous les trouverez en pharmacie. Mais il y a aussi des médicaments qui permettent de se passer du tabac.

Comme le bupropion commercialisé sous le nom de Zyban. Produit par GSK, c'est un amphétaminique qui offrirait 20 % de sevrage à un an. En raison d'accidents parfois graves, l'usage de cet antidépresseur doit tout de même être rigoureusement encadré. Il est ainsi contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante.

Est également disponible sur le marché, la varenicline. Elle est produite par le laboratoire américain Pfizer, et commercialisée sous des noms différents, Champix ou Chantix. En se liant à des récepteurs cérébraux spécifiques, elle annihile l'effet de la nicotine. Plus d'effet « shoot », donc plus d'envie d'y revenir.

Là encore, attention, des effets indésirables ont été notifiés. À savoir des troubles dépressifs et idées suicidaires chez des patients en cours de sevrage. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Tous ces produits atténuent le manque et constituent des aides efficaces au sevrage. Pour le reste, la volonté d'arrêter doit être forte, c'est indispensable.

Arrêter de fumer par hypnose, acupuncture, homéopathie...

En dehors de ces moyens reconnus, le candidat au sevrage peut se reposer sur l'acupuncture et l'homéopathie, seules ou en association. L'hypnose a également ses adeptes et dans certains cas, les thérapies cognitives et comportementales donnent de bons résultats.

Cette approche mène à chercher le pourquoi et le comment de l'intoxication. Il s'agit de déterminer si l'envie de fumer trouve son origine dans le stress, le travail ou la solitude par exemple. Le but est d'apprendre au patient à gérer ces situations. Sur un bon terrain, le résultat peut être probant.

Attention aux cigarettes légères

Attention toutefois au retour de bâton lorsque survient une pression imprévue ! Et surtout, ne vous tournez pas vers les cigarettes dites légères ou light. Elles ne le sont pas du tout, au contraire, même si elles vous tentent et vous rassurent en indiquant sur leurs emballages des teneurs en goudron et en nicotine réduites.

Ces cigarettes vous font croire que vous allez fumer du tabac moins fort et donc moins nocif ! Tests à l'appui, il est depuis longtemps prouvé que ces indications sont trompeuses. À l'aide de machines reproduisant les habitudes des fumeurs, plusieurs études ont démontré que les normes officielles sur lesquelles s'appuient les cigarettiers sont sous-évaluées. De plus, les fumeurs de légères « tirent » davantage sur leur cigarette. Résultat, ils avalent près de 40 % de fumée en plus ! En moyenne, les légères font absorber trois fois plus de goudron et de nicotine que ce qu'elles affichent sur le paquet. Si vous voulez limiter votre consommation, ne tombez pas dans le panneau !

Interview : les dangers de la cigarette électronique, par Paul Hofman  Moins chère et peut-être moins toxique que le tabac, la cigarette électronique connait depuis quelques années un franc succès. Futura-Sciences est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur les risques de la cigarette électronique.