Santé

Particules fines : quel danger pour la santé ?

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Les particules fines, nocives pour l'organisme. © Olly - Fotolia

Selon l'Institut national du Cancer (InCA), les particules fines représentent l'un des principaux facteurs de risque liés à la pollution de l'air en milieu urbain.

Cette appellation désigne en fait des particules en suspension dans l'atmosphère dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns, également notées PM2,5. On les distingue ainsi des particules plus grossières, dont la pénétration dans l'arbre bronchique est très inférieure. En dessous de 1 micron, on parle même de particules ultrafines.

En France, au niveau national, selon les chiffres du Comité interprofessionnel technique d'Etudes de la Pollution atmosphérique (CITEPA, fiche sur les poussières en suspension), 43 % des émissions de particules fines proviennent des résidences à la combustion du bois, du charbon, du fioul... L'industrie manufacturière en représente 9,5 %, l'agriculture et la sylviculture 4,7 %, les véhicules Diesel 8,4 % et le secteur de la construction 6,6 %.

Les PM2,5 sont suffisamment petites pour s'infiltrer dans les poumons jusqu'au plus profond des alvéoles et même traverser les masques en papier. Leurs effets sur la santé sont encore mal connues mais indiscutables. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les malades souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires, de diabète et d'obésité figurent parmi les plus sensibles. Les particules fines sont particulièrement toxiques, car elles pénètrent profondément les poumons et l'arbre bronchique.

En octobre 2013, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé l'ensemble des particules fines, ainsi que la pollution de l'air extérieur, comme des cancérogènes certains (groupe 1) pour l'Homme.

Selon la Commission européenne, au 31 janvier 2013, « plus de 80 % des Européens sont exposés à des niveaux de particules supérieurs à ceux préconisés par les lignes directrices sur la qualité de l'air émises par l'OMS en 2005. Cette exposition prive en moyenne chaque individu de 8,6 mois de sa vie ». Les premiers résultats de l'étude de l'OMS REVIHAAP (Review of evidence on health aspects of air pollution) montrent également un lien avec « l'athérosclérose, des perturbations des naissances et des maladies respiratoires chez l'enfant » et « un lien éventuel avec le développement neurologique, la fonction cognitive et les diabètes ».

Selon une étude de 2005 commandée par la Commission européenne, les particules fines seraient à l'origine chaque année en Europe, de 100.000 décès et 725.000 années de vie perdues. En France, entre 600 et 1.000 décès par cancer du poumon leur seraient imputables. C'est 6 % à 11 % de la mortalité par cancer du poumon. Quant aux décès par maladies cardiorespiratoires, on évalue entre 3.000 et 5.000 le nombre de ceux qui sont dus aux particules fines. Là encore, c'est donc 5 % à 7 % de la mortalité qui est inhérente à une exposition chronique à la pollution...