Santé

Acide folique, fer : les effets bénéfiques des compléments alimentaires

Dossier - Les compléments alimentaires : dangereux ou bons pour la santé ?
DossierClassé sous :Nutrition , Santé , compléments alimentaires

Selon leurs étiquettes, les compléments alimentaires savent tout faire, ou presque, pour nous maintenir dans une forme éblouissante : lutter contre la fatigue, éviter la chute des cheveux, bien bronzer, faire baisser le cholestérol, voire se protéger du cancer... Des effets indésirables ont toutefois été signalés. Alors, que sait-on exactement des compléments alimentaires ? Sont-ils bons pour notre santé ou représentent-ils un danger ? Les chercheurs répondent.

  
DossiersLes compléments alimentaires : dangereux ou bons pour la santé ?
 

Certains compléments alimentaires ont des effets bénéfiques scientifiquement prouvés. C'est le cas de l'acide folique (ou vitamine B9), des compléments alimentaires polyvitaminés, du fer, de la vitamine B12 et de la vitamine D.

Parmi les compléments alimentaires aux bénéfices scientifiquement prouvés et pour lesquels il existe un consensus, on peut citer l'acide folique - ou vitamine B9 - pour prévenir la spina bifida, une malformation congénitale due à une anomalie du tube neural survenue au cours de la croissance du foetus.

L'acide folique, ou vitamine B9, pendant la grossesse

Ainsi, depuis 1981 et l'essai randomisé en double aveugle avec l'acide folique versus placebo, mené par K. M. Laurence, de l'École de médecine galloise de Cardiff, de nombreuses études ont confirmé l'intérêt de prendre ce complément alimentaire avant et durant le premier trimestre de la grossesse.

« Cependant, malgré tous ces travaux, il a fallu se battre pour diviser par dix la dose quotidienne préconisée au départ, souligne Marie-Christine Boutron-Ruault, du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations de l'Inserm. En effet, même s'il a des effets positifs, il faut rester prudent car l'acide folique synthétique, qui ne pénètre pas dans les cellules de la même manière que la vitamine B9 alimentaire, agit sur l'ADN [en participant notamment à sa synthèse et sa réparation, NDLR]. De plus, une surdose peut masquer une carence en vitamine B12, potentiellement neurotoxique ».

La vitamine B9, ou acide folique, a des bénéfices scientifiquement prouvés. © Maxx-Studio, Shutterstock

Les compléments alimentaires polyvitaminés, le fer et la vitamine B12

Autre intérêt de certains compléments alimentaires : pallier le déficit de nutriments dû à des situations particulières. Ainsi, « il a été montré que les compléments alimentaires polyvitaminés sont bénéfiques après des opérations du tube digestif et que le fer et la vitamine B12 peuvent se justifier pour les femmes ayant des règles particulièrement abondantes ou les personnes suivant un régime végétalien pour lesquelles le déficit en vitamine D est très fréquent », indique Jacques Fricker, nutritionniste à l'hôpital Bichat, à Paris.

Mais là encore, la prudence est de mise. En 2011, après avoir analysé les données d'une cohorte de plus de 38.000 femmes suivies depuis 1984 dans l'Iowa, aux États-Unis, l'équipe de Jaakko Mursu, de l'université de Kuopio, en Finlande, concluait que « chez les femmes âgées, la prise de compléments alimentaires à base de vitamines et minéraux peut être associée à un risque accru de mortalité, ce risque étant le plus élevé pour le fer ».

La vitamine D

Dernier exemple de complément alimentaire aux effets positifs : la vitamine D. Celle-ci est fabriquée par l'organisme lorsqu'on s'expose au soleil et contribue à fixer le calcium sur les os. En cas de déficit en ensoleillement, il est utile de compléter l'alimentation en vitamine D pour les enfants qui sont en pleine croissance et les personnes âgées susceptibles de souffrir d'ostéoporose.

En revanche, elle ne serait pas multitâche comme semble le confirmer la méta-analyse publiée début 2014 par Mark J. Bolland et ses collègues de l'université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande. Ces chercheurs concluent que « la supplémentation en vitamine D réduit de moins de 15 % [un taux qu'ils qualifient « d'insignifiant », NDLR] le risque d'infarctus du myocarde ou de maladie cardiaque ischémique, d'accident vasculaire cérébral ou de maladie cérébrovasculaire, de cancer et de fracture ».