Santé

L'organsime fragile

Dossier - Les tribulations d'une protéine architecte
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En associant deux techniques d'imagerie très sophistiquées, des chercheurs du CNRS ont pu suivre in vivo les mouvements de l'ezrine, protéine « architecte » des cellules épithéliales. Un excellent moyen pour comprendre comment s'organisent les épithéliums mais aussi pour expliquer comment des cellules tumorales peuvent quitter leur site initial et aller former des foyers cancéreux à distance.

  
DossiersLes tribulations d'une protéine architecte
 

L'organisme, telle une poupée russe, est le fruit de l'assemblage de plusieurs structures imbriquées - les organes sont composés de tissus, eux-mêmes formés de cellules - où chacun a son rôle à jouer pour le bon fonctionnement de l'ensemble. A la base de cette organisation étagée, se trouvent les cellules. Dans le corps humain, on en compte pas moins de 200 types différents. Selon leur nature et la façon dont elles s'associent, les cellules forment le tissu épithélial, le tissu conjonctif, les muscles ou encore le tissu nerveux. Si une perturbation intervient dans l'agencement très ordonné des cellules, c'est l'ensemble du tissu, voire de l'organisme qui peut être déstabilisé. Par exemple, lorsqu'une cellule épithéliale devenue tumorale perd ses capacités d'adhésion avec ses voisines, elle peut échapper au tissu et être à l'origine de nouveaux foyers cancéreux.

L'épithélium, « garde-frontière » de l'organisme

Le tissu épithélial sépare les différents compartiments de l'organisme : la peau nous isole du milieu extérieur, les cellules épithéliales qui tapissent l'intestin grêle délimitent la paroi interne (la « lumière ») du reste de l'organisme.

Cette particularité est due au fait qu'au sein du tissu épithélial les cellules s'assemblent en de longues chaînes et forment ainsi des feuillets qui contrôlent le passage de diverses substances (eau, ions, nutriments...) entre les différents compartiments de l'organisme. Ce sont ces feuillets qui filtrent entre autres les molécules à transporter de l'intérieur de l'intestin vers les vaisseaux sanguins. Par conséquent, plus la surface des cellules épithéliales est étendue, plus le transit de molécules est facile et efficace. Afin d'optimiser la surface d'échange avec l'extérieur, les cellules épithéliales possèdent une partie dite « en brosse » : c'est la surface apicale.

Cette surface « en brosse » des cellules épithéliales est composée d'environ un millier de microvillosités d'une épaisseur de 0,2 µm et d'une longueur de 1 µm, et multiplie par 20 la surface en contact avec l'extérieur.

Les microvillosités se caractérisent par une organisation très structurée comme le prouve l'extrême régularité de leur diamètre, de leur longueur et de leur répartition. Elles sont constituées de 20 à 30 filaments d'actine (1) qui sont maintenus ensemble par d'autres protéines (villine, fimbrine...).

Coupe d'embryon de poulet, l'expression des ARNs pour l'oncogène c-myb dans les cellules de l'épithélium intestinal qui prolifèrent activement.