Santé

Connaissances médicales des Saramaka

Dossier - Ethnopharmacologie en Guyane : des plantes aux médicaments
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L'ethnopharmacologie guyanaise constitue une très grande richesse naturelle. Elle est composée d'une grande variété de plantes que les populations locales utilisent pour soigner.

  
DossiersEthnopharmacologie en Guyane : des plantes aux médicaments
 

Avant, pendant et parfois après la tentative d'explication « surnaturelle » (voir page précédente de ce dossier), une classification plus naturaliste du savoir médical est disponible. Cette classification est intimement liée à la compréhension que les Saramaka se font de leur propre corps et de son fonctionnement.

L'individu Saramaka se considère comme parcouru par un flux vital qui est le sang qu'il ne faut pas répandre et dont il faut éviter le contact. Son système digestif est un long tube sans poche par lequel pénètrent tous les flux vitaux externes : aliments, eau et air. Le cœur et l'estomac sont confondus. Les problèmes d'ulcères sont traités comme des problèmes cardiaques et l'asthme comme phénomène digestif.

Un Anopheles albimanus se nourrissant de sang sur un bras humain. © James Gathany, DP

Le froid peut pénétrer comme chez les Ndjuka par toutes les ouvertures (bouche, anus, sexe, membres et tête) et il peut être mis en parallèle avec la nature des esprits des morts (koto sembe = hommes froids, traduction littérale) qui eux aussi peuvent vous pénétrer par les mêmes ouvertures.

Les connaissances de l'anatomie et des pathologies tropicales, d'un médecin dermatologue ayant participé aux enquêtes, a permis de mieux discerner quelles affections se cachaient derrière le langage souvent imagé, parfois imprécis des tradipraticiens.

Le paludisme

Dans la population non scolarisée, ce savoir est très limité voire inexistant. Toutefois, l'étiologie des maladies sexuellement transmissibles semble comprise et des catégories de vers différenciées (singaasi bitchu, ascaris ; bisi bisi, taenia et wolo, non identifié).

La pression thérapeutique des agents de santé des dispensaires, uniquement basée sur le dépistage et le traitement du paludisme sans réel souci, du point de vue des Saramaka, des autres éléments de leur santé, leur ont fait acquérir d'une part une certaine prise de conscience du paludisme, mais d'autre part ont entraîné des réactions de rejet des traitements proposés.