Santé

Morsure de vipère

Dossier - Attention aux piqûres et morsures !
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le Dr. Olivier Namy, Futura

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L'été est le moment des vacances : un séjour à la montagne, la mer, la campagne sont autant d'occasions de se détendre et de découvrir la nature. Pourtant, tout peut être gâché par une morsure ou une piqûre indésirable. Dans ce dossier, découvrez quelques-uns des risques auxquels vous pouvez être confrontés, les précautions à prendre et la conduite à tenir en cas de problème.

  
DossiersAttention aux piqûres et morsures !
 

Bien qu'en France et en Europe, il existe un certain nombre de morsures occasionnées par des serpents « exotiques », importés par des collectionneurs, nous nous limiterons au cas le plus commun qui concerne les vipères.

Dans nos contrées, les morsures de vipères représentent la grande majorité des cas répertoriés (les cas de morsures de serpents restent minoritaires). En Europe, on estime entre 15.000 et 20.000 le nombre de morsures par an, dont seulement 50 environ entraînent un décès.

Le mieux à faire en cas de morsure de vipère est d'allonger la victime et de la rassurer avant d'appeler les secours. Ici, Vipera aspis aspis. © Felix Reimann, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

La vipère aspic, la vipère péliade et la petite vipère d'Orsini

Trois espèces de vipères sont présentes en France :

  • la vipère aspic, présente sur la majorité du territoire (absente dans le nord-ouest) ;
  • la vipère péliade, présente dans la moitié nord de la France ;
  • la petite vipère d'Orsini, présente dans le sud des Alpes.

Les vipères sont de couleur très variable ; elles sont identifiables principalement par leurs pupilles lenticulaires, leurs grosses écailles sur la tête triangulaire et leur corps trapu. Le risque de confusion est grand avec la couleuvre vipérine, qui présente un motif en zigzag similaire sur le dos, et qui, inquiétée, gonfle le cou, ce qui donne un aspect triangulaire à sa tête.

On trouve aux alentours des grottes de Lastoursville, discrètement tapie dans les feuilles mortes, la vipère du Gabon. Laurent Chirio fait partie de l’équipe qui explore ces lieux. Spécialiste des reptiles et des amphibiens, il nous en dit plus sur ce serpent durant cette interview. © www.grottes-de-lastoursville.org

La majorité des morsures sont sans venin

De nombreuses morsures sont dites « sèches », c'est-à-dire sans venin (environ 90 % des morsures).

Lorsque le venin est injecté, les effets sont visibles quasi immédiatement : douleur au niveau de la morsure, œdème. Des effets plus généraux peuvent survenir plusieurs heures après la morsure (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, etc.).

Identifier la morsure est facile : on peut observer la trace des deux crochets séparés de 5 à 10 mm. À noter que chez certains serpents, c'est la salive qui contient le venin.

Les morsures les plus fréquentes n'impliquent pas des serpents « exotiques » mais des vipères. © DR

Que faire en cas de morsure de vipère ?

La conduite à tenir en cas de morsure de vipère est d'allonger la victime et de la rassurer. Prévenez ensuite rapidement un service d'urgence (pompier ou Samu).

Ne posez en aucune cas un garrot, il pourrait provoquer la mort de la personne mordue par relargage brutal du venin, accumulé dans le membre mordu, vers le cœur.

Ne pratiquez aucune incision et ne tentez pas d'aspirer le venin par la bouche ; c'est inutile et potentiellement dangereux. Le thé, l'alcool ou le café sont aussi à proscrire dans la mesure où ils accélèrent les battements du cœur.

Que faire en cas de morsure de vipère ? © E. Vandecasteele

Antivenin : sérum et allergie

L'injection d'un sérum antivenimeux ne doit être effectué que sur avis médical.

Il existe en effet des risques d'allergies et certains sérums sont très spécifiques d'une espèce. Les réactions allergiques viennent du fait que les sérums sont d'origine équine et que l'injection de ces anticorps provoque une forte réaction immunitaire. Des sérums d'origines ovines sont également disponibles ; ils semblent plus efficaces et moins allergisants.

Les venins ont en moyenne une demi-vie de huit heures, avec un pic de concentration dans les premières heures de la morsure (jusqu'à quatre heures). Les anticorps constituant le sérum vont avoir pour but de reconnaître les constituants du venin, de s'y fixer et ainsi de les inactiver.

Le système immunitaire pourrait lui aussi produire des anticorps neutralisant. Cependant, les délais d'action des toxines sont beaucoup trop courts pour laisser le temps au système immunitaire de mettre en place la réponse appropriée, d'où l'intérêt d'injecter les anticorps.

À savoir

  • Toutes les espèces de reptiles sont protégées sur le territoire français.
  • La couleuvre de Montpellier possède des crochets à venin, mais ils sont situés trop en arrière de la gorge pour pouvoir injecter du venin lors d'une morsure.
  • Pour toutes les morsures de reptiles non venimeux, une bonne désinfection est suffisante.
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