Santé

Autopsie, toxicologie et balistique : l'analyse du cadavre

Dossier - Police scientifique : les vraies méthodes d'investigation
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DossiersPolice scientifique : les vraies méthodes d'investigation
 

Les causes de la mort ne peuvent être connues avec certitude qu'avec une autopsie réalisée par un médecin légiste. L'analyse des organes, d'orifices laissées par des balles ou encore la présence de substances toxiques dans l'organisme ne laissent souvent pas de place au doute. Autopsie, toxicologie et balistique sont donc les trois méthodes clés pour déterminer les causes de la mort avec certitude.

Laboratoire d'analyse. © Sasint, DP
La morgue permet de conserver les cadavres, en attendant l'autopsie. © P.J.L Laurens, Wikimedia, CC by-sa 3.0

L'analyse des causes de la mort est importante, mais il faut aussi et surtout identifier le cadavre avec certitude. Pour cela, les enquêteurs examinent son empreinte dentaire, ses bijoux, ses biens personnels, ses papiers d'identité, ses empreintes digitales, son dossier médical, son âge...  De plus, ils analysent les marques extérieures comme les tatouages, les taches de vin, ou encore les cicatrices.

L'analyse de l'ADN peut aussi être utilisée. Les enquêteurs demandent aux témoins ou aux familles de décrire physiquement l'éventuelle victime ou parfois de visionner le corps pour confirmer qu'il s'agit bien la personne recherchée.

Autopsie

Pour déterminer la cause de la mort, une autopsie est pratiquée, mais elle peut révéler plus ou moins d'indices suivant l'état de décomposition du corps. Elle commence par l'observation externe du corps pour rechercher d'éventuelles lésions.

Les orifices naturels sont également examinés et des incisions de la peau au scalpel permettent la recherche d'ecchymoses profondes. Le thorax, l'abdomen et le bassin sont ouverts et inspectés. Les viscères sont prélevés et examinés macroscopiquement, ainsi que d'autres organes (pharynx, larynx, encéphale). Différents prélèvements (sang, urines, contenu de l'estomac, bile, muscles, peau, os...) peuvent aussi être effectués. Le médecin légiste recherche et note toute trace suspecte ou anormalité sur le cadavre.

Toutes ces analyses permettent de trouver des impacts de balles, des traces de strangulation, de viol ou de coups à l'arme blanche, qui pourraient être à l'origine du décès. À la suite de ces différents examens, le cadavre est reconstitué pour être à disposition de la police ou de la famille.

La chromatographie en phase gazeuse permet d’identifier avec certitude les molécules. © Mcbort, Wikimedia, domaine public

Toxicologie

Les prélèvements effectués sur le cadavre peuvent être analysés pour y chercher des traces de substances toxicologiques. Si une substance est particulièrement suspectée, une méthode très spécialisée peut être utilisée pour la détecter. Par contre, si l'on suspecte un empoisonnement avec un produit inconnu, toutes sortes de tests peu spécifiques peuvent être utilisés (immunodétection, chromatographie en couche mince), mais ils seront donc moins performants. S'ils sont positifs, il faut alors procéder à des tests plus spécifiques (chromatographie en phase gazeuse, spectrométrie de masse) qui déterminent la formule chimique du produit.

Balistique

Les blessures par balle étant les premières causes de décès par meurtre, des experts ont mis au point des méthodes permettant de comprendre les évènements lors du crime. Certaines balles sont pénétrantes (restent dans le corps) et d'autres sont perforantes (ressortent). Il y a donc deux blessures (une entrée et une sortie) dans le cas de la balle perforante, qui peuvent se distinguer. Une blessure d'entrée est entourée d'une zone brun-rouge de peau abrasée d'où s'est écoulée une petite quantité de sang. La blessure de sortie quant à elle est plus large, plus irrégulière et sans cercle d'abrasion. Il y a également davantage de sang qui s'en écoule.

Les armes à feu laissent des traces caractéristiques sur les cadavres. © David Stoerman, Wikimedia, domaine public

L'analyse du point d'entrée permet de déterminer la distance du tir. Plus le canon est proche de la victime, plus il laisse des traces de poudre et de brûlure sur la peau, voire dans la blessure. La blessure peut également permettre de déterminer l'arme du crime, chaque arme entraînant une destruction caractéristique et plus ou moins importante des tissus.