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La recherche sur les thérapies cellulaires avance

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Une équipe de chercheurs new-yorkais a réussi à sauver des souris promises à de sévères malformations cardiaques en utilisant des cellules souches embryonnaires (CSE).

Embryon à un stade précoce de développement.

Diego Fraidenraich, Robert Benezra et leurs collègues ont créé pour leurs travaux des souris mutantes ne possédant plus de gènes Id. Ces gènes étant essentiels à un bon développement du cœur de l'embryon, les souris en étant privées meurent en gestation. L'étude de ces embryons non viables a montré de graves anomalies cardiaques : des trous fragilisent la paroi entre les ventricules, le myocarde est anormalement mince, les cellules musculaires qui le compose ne sont pas assez nombreuses, et des perforations sont présentes au niveau de l'endocarde, paroi interne du coeur.

Comme l'explique leur article, paru dans le numéro de Science du 8 octobre 2004, les chercheurs ont pu empêcher ces malformations en injectant aux embryons malades des cellules d'embryons sains exprimant leurs gènes Id. Cette opération est effectuée dans le ventre des souris mères, alors que les embryons déficients ne sont encore que des amas de cellules que l'on appelle blastocystes. La moitié des souris traitées ainsi est sauvée et naît avec un cœur en parfait état de marche, semblable à ceux de souris normales.
Les scientifiques new-yorkais sont également parvenus à isoler les molécules responsables de cette « réparation ». Il s'agit des facteurs IGF-1 et WNT5a qui agissent aussi bien directement dans l'embryon qu'à distance, dans la circulation sanguine maternelle. Ainsi, en injectant des cellules souches aux mères avant toute gestation, leurs descendants seront, eux aussi, en partie protégés des malformations cardiaques.

La transposition de cette technique à l'Homme est loin d'être à l'ordre du jour, mais ces travaux suggèrent la possibilité de prévenir les malformations cardiaques en injectant certaines molécules dans le système reliant la mère et son enfant.

A noter aussi, les travaux d'une équipe de biologistes israéliens du Haifa Institute of Technology, publiée récemment dans la revue Nature Biotechnology. Ces scientifiques ont utilisé des cellules cardiaques primitives (qui se contractent spontanément), obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines mises en culture, pour soigner des porcs au rythme cardiaque trop lent. Les chercheurs israéliens ouvrent donc une voie qui pourrait aboutir au remplacement du pacemaker électronique au profit d'une thérapie cellulaire.

C'est dans ce contexte d'avancées scientifiques dans le domaine des cellules souches embryonnaires, que la France tente de combler son retard sur le sujet. En effet, récemment les ministres de la Santé et de la Recherche ont présenté un décret autorisant les chercheurs français à importer des lignées de CES.