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Une même origine pour les macrophages et les cellules dendritiques

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Pour la première fois une équipe de chercheurs dirigée par Frédéric Geissmann du Laboratoire de biologie des phagocytes mononucléés (AVENIR Inserm) vient d'isoler, dans la moelle osseuse de souris, un précurseur spécifique et commun aux macrophages et aux cellules dendritiques. Ces cellules jouent un rôle important dans l'immunité et dans la lutte contre les maladies inflammatoires, infectieuses et dégénératives. Les résultats, publiés dans Science, permettront de mieux comprendre comment naissent ces deux types de cellules et, à terme, de cibler ce précurseur dans une visée thérapeutique des pathologies tumorales ou auto-immunes.

Cellule dendritique

Les macrophages sont des cellules présentes dans tous les tissus de l'organisme et qui les nettoient en digérant les cellules malades ou mortes, les bactéries, les substances toxiques. Ils rentrent en action dans de nombreuses maladies infectieuses, inflammatoires ou dégénératives.

Les cellules dendritiques sont, quant à elles, des vigies du système immunitaire, essentielles pour le déclenchement et la régulation des réponses immunitaires contre les bactéries et, peut être, les cellules tumorales. De nombreuses équipes essaient de les utiliser dans un but thérapeutique pour augmenter la réponse immune vaccinale ou anti-tumorale.

Les macrophages et les cellules dendritiques naissent dans la moelle osseuse puis se répartissent dans l'ensemble de l'organisme. On supposait depuis les années 70 que ces deux types de cellules étaient issus d'un précurseur commun dans la moelle, sans l'avoir jamais démontré. De même, les gènes et les facteurs environnementaux qui contrôlent le renouvellement de ces deux types cellulaires étaient jusqu'ici mal caractérisés.

Grâce à des technologies de marquage cellulaire génétique, l'équipe de Frédéric Geissmann a identifié puis isolé pour la première fois in vitro ce précurseur spécifique commun aux deux familles de cellules (macrophages et cellules dendritiques). Les chercheurs ont ensuite démontré in vivo, en l'injectant à des souris, la responsabilité de ce précurseur dans le renouvellement de macrophages et de cellules dendritiques. En 2 à 7 jours, des macrophages et des cellules dendritiques dérivées des cellules précurseurs injectées ont été détectés chez les souris receveuses.

Sur le plan fondamental, la caractérisation d'un précurseur commun valide l'existence d'une famille regroupant les macrophages et les cellules dendritiques et permet de débuter l'analyse des gènes et des facteurs environnementaux qui contrôlent la différenciation de cette cellule précurseur.

Un précurseur équivalent chez l'homme pourrait, à terme, représenter une cible de thérapies destinées à contrôler sa différenciation vers un type cellulaire particulier, pour le traitement de maladies inflammatoires ou pour la mise au point de vaccins par exemple. Des protocoles de greffe dans le cadre de pathologies génétiques, inflammatoires et tumorales pourraient être également envisagées.