Santé

Être bénévole, c’est bon pour la santé mentale et la longévité

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Donner de son temps généreusement pour une juste cause ou une association s'accompagne en retour d'effets bénéfiques sur la santé. Une méta-analyse britannique révèle en effet que les personnes bénévoles vivent plus heureuses et plus longtemps que le reste de la population. Pourquoi ? La question persiste encore...

Le bénévolat serait une pratique bénéfique pour la santé, aussi bien mentale que physique. À aider les autres, on s'aiderait soi-même ! © Andrea Booher, FEMA Photo Library, Wikipédia, DP

Sport, défense des droits, humanitaire, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour devenir bénévole. Car d'après une vaste étude publiée dans le journal BMC Public Health, les personnes qui s'impliquent dans des projets sans récolter de l’argent en retour se portent mieux, sont plus heureuses et vivent plus longtemps.

Derrière ce travail, on trouve Suzanne Richards et ses collègues de l'université d’Exeter, qui ont passé en revue une quarantaine de recherches s'intéressant à la question. D'ordinaire, ces analyses reposent sur les dires des participants, ceux s'impliquant dans des activités bénévoles, qui déclarent souvent se sentir mieux et plus épanouis que les autres. Cette fois, l'équipe de scientifiques a souhaité obtenir des preuves concrètes de ces conclusions. Ainsi, parmi les études compilées, les données émanaient entre autres de 9 essais expérimentaux ou de 16 suivis longitudinaux de cohortes.

Bénévolat : point trop n’en faut

L'analyse minutieuse aboutit, dans les grandes lignes, aux mêmes résultats que ceux précédemment observés. Ainsi, le bénévolat diminuerait d'environ 20 % le risque de mortalité. En parallèle, il baisserait les probabilités de tomber en dépression, tandis qu'il augmenterait la satisfaction et l'épanouissement personnels. Bref, être bénévole, c'est bon pour le corps et l'esprit, et serait donc l'une des nombreuses clés du bonheur.

Si s'investir dans une œuvre caritative, le club de football du coin ou la bibliothèque municipale rendait plus heureux et en meilleure santé, pour quelles raisons s'en priver ? © Hugrakka, Flickr, cc by nc nd 2.0

Le plus souvent, les personnes s'engagent dans des activités bénévoles à titre altruiste : beaucoup disent vouloir apporter quelque chose à la société, rendre ce qu'on leur a donné ou soutenir une cause qu'elles estiment juste. D'autres en profitent pour acquérir un peu d'expérience professionnelle et agrémenter leur CV d'une ligne ou plus. Enfin, certains y ont recours dans le but d'élargir leurs cercles personnel et professionnel.

Cependant, les bénéfices du bénévolat sur la santé se font ressentir lorsque les personnes pensent vraiment apporter quelque chose aux autres. Sans cela, l'amélioration de la qualité de vie est limitée. De plus, une implication excessive dans des projets peut également avoir des répercussions négatives sur le bien-être. Il faut donc viser juste et doser comme il faut.

Des Européens pas assez tentés par le bénévolat

Quid des mécanismes sous-jacents ? Le mystère plane toujours. Pour certains, c'est le fait de passer davantage de temps en dehors de chez soi qui pourrait expliquer l'accroissement de la longévité. Soit. Mais il faudrait le justifier par l'expérience, ce qui n'est pas encore le cas. Et cela améliorerait-il également la santé mentale ?

La question nécessite d'être plus profondément examinée. Le défi désormais sera de pousser les gens à s'investir bénévolement dans des projets qui leur tiennent à cœur. Le Royaume-Uni a d'ailleurs tenté de mettre en place cette politique. Il faut dire que l'Europe n'est pas le meilleur exemple en la matière. Si 22,5 % des habitants du Vieux Continent participent à des activités bénévoles, les États-Unis font mieux avec 27 %. Ce n'est qu'une moyenne européenne puisque la proportion en France est de 32 %. La champions semblent être les Australiens, avec un taux de 36 %. Pourtant, si tout le monde s'y mettait, nous aurions tous à y gagner, aussi bien sur le plan individuel que collectif...