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Espèces en voie de disparition ! Le marché noir jugé coupable...

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Poisson Napoléon, grand requin blanc, dauphin de l'Irrawady, tortue à nez de cochon, tigres, éléphants d'Asie, cacatoès à huppe jaune, gecko à queue de feuille, if d'Asie ou ramin : tous figurent sur la dernière liste « noire » de l'organisation WWF. Pour satisfaire les demandes du marché international, ces espèces risquent de payer le prix fort.

© www.animalyawns.com Malgré sa toute-puissance apparente, le grand requin blanc figure lui aussi au rang des espèces gravement menacées par le commerce international

Le WWF vient de rendre publique sa dernière liste des 10 espèces les plus recherchées sur le marché mondial. Une initiative d'autant plus importante que la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et Flore Sauvages Menacées d'Extinction (CITES) réunit du 2 au 14 Octobre les représentants de 166 pays à Bangkok...

« Le commerce de certaines espèces menacées bien connues doit être interdit, mais il faut savoir que d'autres espèces moins connues souffrent aussi d'un commerce non réglementé » explique ainsi le Dr Susan Lieberman, directrice du Programme des Espèces Mondiales du WWF. Traquées, mortes ou vivantes, marines ou terrestres, animales ou végétales, toutes ces espèces ne peuvent plus faire face aux différentes pressions exercées principalement par le trafic et le braconnage.

Wanted ! Morts ou vifs

Leur destin ? Directement dans l'estomac de consommateurs friands de nouveaux goûts, trophées de chasse, nouveaux animaux de compagnies (NAC), captivité dans des parcs, produits dérivés - peau, os, chair, etc... - pour la décoration ou utilisés dans des médecines traditionnelles pour avoir de soi-disant pouvoirs qui relèvent davantage de l'effet placebo que de réels effets pharmacologiques.

Ainsi, le poisson Napoléon, apprécié des plongeurs pour son accueil chaleureux dans les récifs coralliens de l'Indo-Pacifique, commence à déserter les eaux turquoises pour se retrouver dans les assiettes des restaurants de l'Est de l'Asie ! Même sort pour les œufs de l'étrange tortue à nez de cochon qui, lorsqu'elle ne finit pas en NAC, mène une existence tranquille en Papouasie-Nouvelle Guinée, dans le nord de l'Australie et en Indonésie. Le cacatoès à huppe jaune est également victime de sa beauté : il n'y en aurait plus que 10000 en liberté en Indonésie, mais de plus en plus chez les particuliers...

En poudre, en os ou en fourrure ?

Le rare dauphin de l'Irrawady, quant à lui, fait l'objet d'une grande convoitise de la part des parcs marins. Déjà menacé par les filets de pêche dans lesquels il se noie, les scientifiques ne sont même pas certains que l'arrêt des captures lui permettra de survivre ! Un autre seigneur des mers garant de l'équilibre de l'écosystème marin - le grand requin blanc - ne fait pas exception à la règle, agonisant dans les chaluts et chassé pour ses ailerons, ses dents ou ses mâchoires.

Dans le monde aujourd'hui, il ne resterait en liberté que 5000 tigres et 35 000 à 50 000 éléphants d'Asie... Mais combien de peaux de tigres servant de tapis ou de décorations murales, combien de défenses d'ivoire transformées en bijoux, combien de peaux d'éléphants devenues des bottes en cuir ou des ceintures ? Et les os ? Broyés en poudre comme aphrodisiaques, ou autres traitements utilisés dans la médecine traditionnelle asiatique. Même les plantes comme les ifs d'Asie ou le ramin risquent de s'éteindre à force de surexploitation... Où seront toutes ces espèces d'ici 20, 30, ou 50 ans, si nous ne prenons pas dès aujourd'hui des mesures draconiennes pour mettre fin à cette orgie de chasse, de captivité ou de consommation non justifiées ?