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Le crabe-coco l'avait bien senti !

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En effet, l'énorme crustacé avait bien compris l'intérêt d'avoir du flair sur terre. Voilà pourquoi lui, qui a fait ses adieux à la vie marine il y a bien longtemps, s'est adapté à son nouvel environnement : il a développé un système olfactif plutôt efficace, et étrangement proche de celui des... insectes !

© Current Biology Le crabe-coco en plein repas !

Il vit dans les îles de l'Indo-Pacifique, et particulièrement en Nouvelle-Calédonie. On l'appelle crabe voleur, crabe-coco, ou crabe des cocotiers car il raffole des noix de coco. Oh, bien sûr, il n'est pas difficile et ne mange pas que ça : fruits, bois ou vieux cadavres font également l'affaire. Mais son pêché mignon, c'est bien ce fruit délicieux à la chair blanche qui pend avec une certaine insolence sous les cocotiers ! Qu'à cela ne tienne, le crabe-coco (Birgus latro) est un grimpeur hors pair. Ne craignant pas le vertige, il n'hésite pas à escalader le tronc de l'arbre pour aller détacher l'objet de ses désirs, et n'a aucune difficulté, une fois la noix tombée au sol, à la casser avec ses grosses pinces...

Ce crabe est étonnant à tous points de vue ! Bien qu'il passe les trois premières années de sa vie en mer et dans la zone côtière comme les autres crustacés, il mène ensuite une existence terrestre. A ce propos, il détient le record de plus gros arthropode terrestre au monde (l'embranchement des arthropodes comportant entre autres les insectes, les mille-pattes, les crustacés, les araignées et les scorpions). Il faut dire qu'il est énorme : pas loin de 4 kg pour une taille qui dépasse largement les 50 cm. Avec un tel poids, il serait bien incapable d'évoluer librement dans l'univers marin s'il y devait vivre à nouveau à l'âge adulte, et se noierait certainement tant son organisme s'est accommodé à la respiration aérienne. C'est pourquoi il préfère la tranquillité des terriers et n'hésite pas à installer sa résidence loin du rivage, jusqu'à 6 km dans les terres. Il en sort surtout la nuit pour trouver de quoi se nourrir...

Mais la gourmandise étant un vilain défaut (et la chair du crabe-coco si délicieuse !), les pêcheurs utilisent cette faiblesse pour l'appâter. Alléché par l'odeur de la noix de coco fraîchement ouverte, le crabe, qui est en réalité un énorme bernard-l'ermite, tombe dans le panneau. L'odeur ? En effet, ce crustacé a un flair hors pair qu'il a développé au cours de son adaptation, passant d'une vie marine à une existence terrestre ! Le plus étonnant, c'est que son système olfactif est très semblable à celui des insectes aux niveaux fonctionnel, structural et comportemental comme le souligne une étude menée par des chercheurs suédois et australiens, parue récemment dans la revue Current Biology. Il est incroyable d'imaginer que deux organismes aussi différents que l'insecte et le crabe-coco -dont les liens de parenté sont très éloignés- aient pu développer des stratégies similaires pour répondre aux mêmes besoins : belle démonstration d'une évolution convergente !