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Courses de sous-marins à pédales

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Pour la huitième fois, des élèves ingénieurs venus des quatre coins des Etats-Unis, mais aussi du Canada et des Pays-Bas se sont affrontés dans un bassin géant du Maryland. Aux commandes de leurs sous-marins miniatures, à propulsion humaine, ils ont encore battu cette année des records de vitesse.

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Omer 5 , sous-marin 2 places de l'Ecole de Technologie Supérieure de Montréal, s'est encore illustré brillamment cette année : habituée de la compétition, l'équipe masculine de l'Université du Québec a décroché un nouveau record de vitesse dans la catégorie 2 places, en dépassant les 7 nœuds.L'équipe féminine, elle aussi, a pulvérisé l'ancien record, en atteignant 5,885 nœuds. Dans la catégorie une place, c'est le «SubLime », de la Spring Hill High School de Hernando County, en Floride, qui a raflé la palme, chez les hommes comme chez les femmes. Mais au-delà des records, le « Wasub », de l'Université de Delft aux Pays-Bas, a également été récompensé pour l'ensemble de ses performances.

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Organisé par des sous-mariniers, pour des sous-mariniers

Ce qui donne peut-être tout son intérêt à cette étrange compétition, certes c'est une course, mais pour laquelle on peut être récompensé sans avoir gagné ! La vitesse de pointe atteinte par les submersibles est bien sûr le grand enjeu de la compétition. Mais la performance pure n'est pas le seul souci des organisateurs. Ils souhaitent avant tout s'inscrire dans la lignée des pionniers de la pénétration sous-marine, sans hésiter à se réclamer de Léonard de Vinci, ou de l'américain David Bushnell, qui mettait au point en 1776, lors de la guerre d'indépendance, le premier sous-marin "moderne" à propulsion humaine. Et lors de chaque édition, les candidats ont toujours les mêmes yeux fiévreux : certains travaillent depuis près de deux ans sur leur sous-marin. Ils y ont tout mis, leurs loisirs, leurs connaissances, leur argent et leurs espoirs. Et ils auront finalement bien peu de temps pour faire leurs preuves !

L'équipe organisatrice souhaite privilégier l'astuce et l'ingéniosité, plus que les moyens. D'où l'intérêt de la propulsion humaine, qui limite à la fois la taille, le coût et la complexité de ces machines sous-marines, "ce qui, dans l'esprit des organisateurs de toutes les éditions passées, offre à davantage d'équipes la possibilité d'être là".

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Sous l'eau tout est permis

Tous les sous-marins présentés ne fonctionnent pas selon les mêmes principes : il a donc fallu déterminer des catégories homogènes, au nombre de quatre. La première consiste à établir une distinction entre les engins à hélice... et les autres. Le système a fait ses preuves, mais certains préfèrent miser sur des rames sous-marines, d'étranges pompes, ou tout autre système susceptible de leur faire gagner du terrain !

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Une distinction est ensuite établie entre les engins qui se pilotent seuls, et ceux dans lesquels le "propulseur", c'est à dire celui qui va lui donner sa puissance en pédalant ou en palmant, est secondé par un pilote : une précaution parfois nécessaire, à chaque édition un sous-marin au moins termine sa course sur les parois du bassin !. Les engins doivent faire leurs preuves un par un : mais les équipes ne sont pas prises au dépourvu. Lorsque leur tour arrive, elles ont droit à plusieurs essais, et peuvent même, à l'aide d'un palan, ressortir le sous-marin de l'eau pour affiner quelques réglages. Une fois que ses inventeurs le jugent prêt, l'engin et son ou ses pilotes sont lâchés. Et, chaque fois, trois mots semblent toujours caractériser les meilleurs engins : " Solidité, simplicité, fiabilité ".

La course, si elle est un lieu d'évaluation des capacités technologiques des engins sous-marins, doit aussi servir de passerelle pour les étudiants entre l'université et l'industrie : en somme, des travaux pratiques grandeur nature qui permettent aux entreprises de les remarquer. Elle est aussi l'occasion de disposer des bassins pour tester des palmes, des robots téléopérés depuis la surface, ou des scooters sous-marins...

La prochaine édition devrait avoir lieu dans le courant de l'été 2007. Avis aux amateurs, l'évènement attire désormais des équipes de plus en plus lointaines, venues d'Allemagne, d'Angleterre, du Chili, du Japon ou d'Israël...Des dizaines d'étudiants, dans la quiétude de leur laboratoire, sont déjà au travail.