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Changement climatique : quels impacts sur la prairie et l'élevage ?

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La teneur de l'atmosphère en gaz carbonique (CO2) a augmenté de 30% dans les 100 dernières années, et pourrait encore doubler durant le siècle à venir. Parmi les gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique observé depuis quelques années, le CO2 joue un rôle particulier : il est également la matière première nécessaire à la croissance des végétaux. C'est à partir de ce gaz que les plantes fabriquent leurs tissus, grâce à la photosynthèse. Une équipe de chercheurs de l'INRA étudie l'impact de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère sur les prairies et l'élevage du Massif Central.

Cette actualité a été publiée à l'occasion de la semaine du développement durable.

Des prairies enrichies en CO2

Grâce à un dispositif d'anneaux diffusant du CO2 cf photo) les chercheurs ont étudié quel serait l'effet d'un doublement de la teneur actuelle de l'atmosphère en CO2 sur une prairie du Massif Central. Dans cette expérimentation, les autres conditions climatiques restent inchangées.

Le comportement des plantes est modifié : elles accumulent plus de sucres solubles, l'herbe a donc une plus grande valeur énergétique ; mais la teneur des plantes en matières azotées est diminuée, ce qui signifie une moindre disponibilité en protéines, notamment pour les animaux en croissance ou en lactation.

Un dispositif d'anneaux diffusant du CO2 a permis aux chercheurs de simuler l'effet d'un doublement de la teneur l'atmosphère en CO2 sur une prairie du Massif Central (crédit INRA)
Un dispositif d'anneaux diffusant du CO2 a permis aux chercheurs de simuler l'effet d'un doublement de la teneur l'atmosphère en CO2 sur une prairie du Massif Central (crédit INRA)

Parallèlement, ce doublement du taux de CO2 a un effet sur la composition botanique de la prairie : les plantes de la famille des graminées ont tendance à régresser, au profit des légumineuses. Cette évolution tend à rééquilibrer sur le long terme la baisse relative de la teneur en matières azotées des plantes, car les légumineuses sont plus riches en matières azotées que les graminées.

Des prairies sous effet de serre

Le CO2, outre son effet direct sur la croissance des plantes, est un gaz à effet de serre : l'augmentation de sa teneur dans l'atmosphère entraîne une élévation de la température. Ainsi, les modélisations réalisées par Météo-France montrent qu'un doublement du CO2 entraînerait pour le Massif Central une élévation des températures moyennes de 2°C sans modification de la pluviométrie. Sous le double effet de cette augmentation de la température et du doublement du taux de CO2, la production de la prairie pourrait augmenter d'environ 20%, ce qui autoriserait une plus forte densité d'animaux par hectare de prairie et une augmentation de la durée de pâturage de trois semaines par an. L'impact de ces changements climatiques sur les systèmes d'élevage, bien que difficile à prévoir avec précision, serait donc loin d'être négligeable.