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Des champignons de 9 mètres de haut !

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Depuis leur première description en 1959, ces curieux troncs fossiles qui peuvent atteindre 6 à 9 mètres de haut, intriguent et divisent les spécialistes. On en sait aujourd'hui un peu plus. Ce seraient des champignons.

Sections fossiles de Prototaxites

Des champignons de 6 mètres de haut, voilà qui n'est pas courant. Il faut dire que ces Prototaxites ont poussé voici 400 millions d'années, alors que les dinosaures n'étaient même pas encore apparus...

Ces mycètes sont le témoin passé de l'existence d'êtres dont la taille était disproportionnée par rapport aux espèces actuelles. Alors même que la terre n'était encore parcourue que de petits animaux, essentiellement des invertébrés comme des mille-pattes, certains champignons, qui sont peut-être les ancêtres de nos délicieuses chanterelles, partaient à l'assaut du ciel et grimpaient allègrement jusqu'à une hauteur de 6, et même 9 mètres.

Ces fossiles, qui remontent au Dévonien (350 - 400 millions d'années), ont été découverts un peu partout sur la planète, et constituaient donc une espèce particulièrement répandue. Ils se présentent sous la forme de grands troncs cylindriques de dimensions impressionnantes, au point que les scientifiques les ont longtemps pris pour des conifères.

Mais Francis Hueber, un chercheur au Muséum national d'histoire naturelle de Washington, a émis dès 2001 une thèse selon laquelle il s'agirait bien de champignons. Lui-même et son équipe se sont appuyés sur une étude isotopique de Prototaxites de diverses provenances, notamment le Canada, l'Australie et l'Arabie Saoudite. Ils ont pour cela examiné et mis en rapport les ratios des isotopes 12 et 13 du carbone. Ceux-ci sont répartis régulièrement dans les plantes, qui produisent cet élément à partir du CO2 présent dans l'air, et varient peu d'une espèce à l'autre. Par contre, chez les champignons, qui ne réalisent pas la photosynthèse, le carbone provient de la nourriture, comme pour les animaux et présentent des ratios variables.

Selon Francis Hueber, les variations des ratios observés entre les valeurs isotopiques du carbone sont trop différentes pour qu'il puisse s'agir de plantes. Une dernière observation manque encore cependant pour valider définitivement la thèse des chercheurs: la découverte de spores fossiles, dont l'existence est liée à toutes les espèces de champignons et qui en constituent le seul moyen de reproduction.