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La bio-extraction du cuivre grâce à des bactéries

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La société BioSigma a annoncé durant le mois d'octobre avoir isolé deux bactéries particulièrement intéressantes pour l'extraction de cuivre à partir de minerai brut, ce qui pourrait permettre d'exploiter de nouveaux gisements au Chili.

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La "joint-venture" BioSigma a été créée en 2002, grâce aux capitaux de la société Nippon Minings & Metals et de la compagnie minière nationale chilienne CODELCO, afin de mettre en oeuvre des procédés biotechnologiques appliqués à l'industrie minière. L'un de ces procédés est la bio-extraction, ou "bioleaching" en anglais. Il consiste à tirer parti des capacités naturelles de certaines bactéries qui peuvent briser les liaisons des molécules telles que la chalcopyrite (CuFeS2), relâchant alors des ions Cu2+ en solution. Les deux souches de bactéries ont été brevetées en mai 2006 et sont intitulées "Wenelen DSM 16786" et "Licanantay DSM 17318". Il est à noter que d'autres techniques faisant appel à des champignons sont actuellement à l'étude.

Cette méthode bactérienne a l'avantage d'être potentiellement plus écologique et économique que les méthodes d'extraction classiques (moins de dépenses énergétiques et moins de polluants). De plus, elle permet d'exploiter des gisements dont la faible concentration en métal n'autorise pas une extraction classique ou même des mines en fin de vie. Mais la réaction de bio-extraction peut prendre beaucoup de temps et peut quand même parfois dégager des résidus toxiques (acide sulfurique...).

Mine du cuivre à ciel ouvert, Nouveau-Mexique, États-Unis. Crédits : http://fr.wikipedia.org

Nippon Mining Holdings, la maison mère de Nippon Minings & Metals, a annoncé la construction d'une usine d'extraction au Chili en 2007, avec un objectif de rentabilité à l'horizon 2009-2010, de manière à pouvoir satisfaire la demande croissante de matières premières des économies indienne et chinoise.

Par Matthieu Rosenberg.