Santé

Le Wi-Fi des portables dégraderait l’ADN des spermatozoïdes

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Selon des chercheurs argentins, les émissions Wi-Fi d'un portable installé sur les genoux réduiraient la mobilité des spermatozoïdes et dégraderaient leur ADN. L'expérience a porté sur du sperme installé ou non à proximité d'un ordinateur en train d'émettre ces ondes.

Le spermatozoïde est fragile et, notamment, craint la chaleur. © Wikipédia, domaine public

Jusqu'à présent, les études retenues par l'OMS n'indiquent pas que les émissions Wi-Fi des appareils domestiques puissent représenter un danger pour la santé. Ces ondes, avec leur fréquence de 2,4 GHz, voisinent celles des fours à micro-ondes. Mais leur puissance de quelques dizaines de milliwatts est dix mille fois plus faible et vingt fois plus petite que celle d'un téléphone mobile.

Dans les laboratoires de Nascentis Medicina Reproductiva, à Cordoba (Argentine), Conrado Avendaño et son équipe ont mesuré un effet possible dans un domaine bien précis : la santé des spermatozoïdes humains exposés à une émission Wi-Fi toute proche. Et leurs conclusions sont que la mobilité de ces cellules sexuelles se réduit tandis que les défauts dans leur ADN se multiplient. Le travail vient d'être publié dans la revue Fertility and Sterility.

Une position confortable mais déconseillée aux hommes. © Pnoeric / Flickr CC by-nc-sa 2.0

Messieurs, jamais de portables sur les genoux

Pour l'expérience, le sperme de 29 donneurs a été séparé en deux séries de lots, les uns installés durant quatre heures sous un ordinateur portable téléchargeant des données via une liaison Wi-Fi et l'autre loin de toute émission et exposés aux mêmes conditions de température. Les chercheurs constatent une réduction significative de la mobilité de ces cellules flagellées, un bon indicateur de leur santé et de leurs performances pour la reproduction. Après quatre heures, 86 % des spermatozoïdes étaient encore en pleine forme dans les lots non exposés contre seulement 75 % pour les autres. À l'examen biochimique, ils comptabilisent trois fois plus de défauts dans l'ADN dans les cellules exposées. En revanche, ils ne notent aucune mortalité supplémentaire.

Les conclusions de l'étude ne précisent pas les causes exactes de cet effet ni s'il existe effectivement in vivo, donc chez un homme travaillant avec un portable. La dose de rayonnement reçue diminue en effet comme augmente le carré de la distance à la source de l'émission et les milliwatts du Wi-Fi s'épuisent vite quand on s'éloigne de l'émetteur. Il manque donc une expérience plus précise prenant en compte la distance.

D'après Conrado Avendaño, c'est la première étude mettant en évidence un tel effet. Mais ce n'est pas la première fois que l'on déconseille aux hommes de travailler avec un portable installé à proximité des parties génitales car la chaleur dégagée par un tel ordinateur a elle aussi un effet délétère sur les fragiles cellules sexuelles mâles...