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En vidéo : les plaquettes traquent les pathogènes dans le sang

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Des chercheurs canadiens ont découvert un nouveau mécanisme utilisé pour protéger l'organisme contre les bactéries pathogènes. Leur étude montre que les plaquettes sanguines collaborent avec les macrophages lors d'une infection.

Les plaquettes patrouillent dans les vaisseaux sanguins  Les plaquettes (en rouge) se déplacent dans les vaisseaux sanguins et interagissent avec les cellules de Kupffer (en bleu), qui sont les macrophages résidents du foie. Par ce biais elles peuvent détecter la présence d’agents infectieux. 

Les plaquettes, ou thrombocytes, circulent dans le sang au côté des globules rouges et des globules blancs. Ces petites cellules ont un rôle essentiel dans la coagulation sanguine. Lorsqu'un saignement se produit à l'intérieur ou à l'extérieur du corps, elles s'agglutinent pour colmater la brèche et éviter l'hémorragie.

Mais ce n'est pas tout. Les plaquettes participent également à l'immunité. Cependant, leur mécanisme d'action était jusqu'ici méconnu. Des chercheurs canadiens de l'université de Calgary viennent d'élucider ce mystère. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Immunologymontrent comment les plaquettes patrouillent dans le sang et chassent les bactéries pathogènes au côté des macrophages.

Les plaquettes (au centre) circulent dans le sang au côté des globules rouges (à gauche) et des globules blancs (à droite). © DP

Comme c'est fréquemment le cas en recherche scientifique, cette étude a commencé par une simple observation. En analysant des images de foie de souris, les auteurs se sont rendu compte que les plaquettes interagissaient constamment avec des macrophages résidents appelés cellules de Kupffer. Ces dernières, localisées dans les vaisseaux sanguins hépatiques, participent à l'absorption des nutriments au niveau du foie et sont également capables de phagocytose.

Bactéries pathogènes emprisonnées par les plaquettes

Les bactéries pathogènes qui circulent dans le sang peuvent être capturées par les cellules de Kupffer, qui vont déclencher une réponse immunitaire plus globale afin d'éradiquer l'infection. Cependant, ce mécanisme peut prendre plusieurs heures et laisser le temps aux germes infectieux de se multiplier et d'altérer les cellules.

C'est au cours de cette période d'attente immunitaire que les plaquettes interviennent. Elles rentrent en contact avec les cellules de Kupffer pour savoir si celles-ci ont capturé des bactéries. Si les plaquettes ne repèrent rien d'anormal, elles poursuivent leur route. En revanche, si elles détectent un germe infectieux, elles s'y accrochent et l'emprisonnent jusqu'à ce que le système immunitaire prenne le relais. Ce mécanisme se produit très rapidement et réduit le risque d’infection.

Les auteurs ont mis en évidence ce procédé in vivo chez la souris lors d'une infection au staphylocoque doré, une bactérie pathogène pouvant induire des infections sérieuses. D'autre part, ils ont montré que des souris génétiquement modifiées incapables de réaliser ce mécanisme mourraient plus rapidement après une infection. Ces résultats mettent en lumière un processus essentiel au cours d'une maladie infectieuse. Grâce à ces données, de nouvelles méthodes de traitement pourraient être mises en place.

Le sang se compose de globules rouges (à l'image), de globule blancs, de plaquettes (des fragments de cellules) et de plasma. © Geralt, Pixabay, DP