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Transplantation d’organes : un troisième type de rejet de greffe

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On connaissait les rejets de greffe cellulaire et humoral, il faudra maintenant composer avec le rejet vasculaire qui vient d'être découvert. En le prenant en compte, les auteurs espèrent que cela favorisera à l'avenir le succès des transplantations.

Plus de 600.000 greffes de rein ont été réalisées depuis décembre 1954, date de la première transplantation de ce genre. Et malheureusement, beaucoup de cas de rejets aussi... © C. Lefaucheur, A. Loupy, Inserm
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C'est une découverte majeure. Des chercheurs français ont identifié une cause nouvelle - et un processus distinct - à la survenue du rejet de greffe d'organe. Leurs travaux ont porté sur le suivi de transplantations rénales, mais ils assurent que leur découverte ouvre « un très large champ d'investigation dans le domaine de la transplantation » en général.

Jusqu'à présent, deux types de rejets de greffe étaient identifiés dans la classification internationale : 

  • le rejet dit cellulaire, dépendant principalement des lymphocytes T du système immunitaire ;
  • le rejet dit humoral, occasionné par la production d'anticorps dirigés contre le greffon.
Une fois l'organe remplacé par celui d'un donneur, la greffe n'est pas encore réussie. Il faut encore qu'il ne soit pas rejeté par l'organisme. Alors qu'on ne connaissait que deux mécanismes de ce type, un troisième vient d'être découvert... © PhotosNormandie, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

Le rejet vasculaire, rejet d’un troisième type

Pendant 6 ans, Carmen Lefaucheur et Alexandre Loupy (université Paris Descartes) ont analysé une population de 2.079 transplantés rénaux dont 302 ont présenté un épisode de rejet aigu. À partir de ce travail, ils ont mis en lumière l'existence d'un rejet qu'ils qualifient de vasculaire. Celui-ci est caractérisé par « l'inflammation des artères du greffon en réponse à la présence d'anticorps dirigés contre le donneur ».

Il s'agit, en quelque sorte, d'une forme de rejet associant aux caractéristiques du rejet humoral une composante vasculaire. Comme le précise Alexandre Loupy, « c'est même encore un peu plus complexe car ce rejet comporte également une composante d'infiltration du parenchyme rénal qui se voit dans certaines formes de rejet cellulaire grave. C'est donc une entité à part entière et assez complexe sur le plan histologique, d'où la difficulté de bien le classer ».

Les auteurs démontrent également que « l'utilisation d'une thérapie ciblant les anticorps améliore significativement le pronostic de la greffe chez ces patients ». Publié dans The Lancet, ce travail va conduire à une modification des critères internationaux de rejet.