Santé

Sativex : un premier traitement dérivé du cannabis autorisé en France

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Par Janlou Chaput, Futura

Le feu est passé du rouge au vert : l'ANSM vient d'autoriser la mise sur le marché du Sativex, le premier médicament à base de deux composés dérivés du cannabis, en France. Bien qu'il ne serait à priori pas disponible en pharmacie avant 2015, sa prescription sera limitée à quelques milliers de patients atteints de sclérose en plaques.

Dans la feuille de cannabis, on retrouve de nombreux composés, dont deux, le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol, utilisés dans le Sativex pour calmer les douleurs des patients atteints de sclérose en plaques et touchés par des contractures résistantes aux traitements. © Transmitdistort, deviantart.com, cc by sa 3.0

C'est une première en France. Le cannabis et ses dérivés étaient interdits de la pharmacopée de l'Hexagone depuis 1953, mais la situation vient tout juste d'évoluer. Dans un communiqué, le ministère de la Santé a révélé que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait validé la mise sur le marché du Sativex. Or, ce spray nasal inclut deux composés retrouvés dans le cannabis : le tétrahydrocannabinol (plus connu sous le nom de THC) et le cannabidiol.

Bien que ce soit une nouveauté, cette annonce n'est pas vraiment une surprise. En juin dernier, une publication dans le Journal Officiel donnait la possibilité à l'ANSM de légaliser la commercialisation de ce genre de médicaments. Aussitôt, toutes les pensées se sont tournées vers le Sativex, déjà autorisé dans 23 pays dans le monde, comme l'Allemagne, la Belgique, le Canada ou le Royaume-Uni. À l'échelle européenne, la France est même le 18e territoire à l'avoir validé.

Délivrés par spray nasal, les cannabinoïdes présents dans le Sativex ne sont pas métabolisés de la même façon que lorsque la plante est fumée, ce qui change un peu les effets et ne devrait pas susciter l'intérêt des consommateurs réguliers cherchant à se procurer du cannabis. © Splifr intermission, Fotopedia, cc by nc 2.0

Pas de commercialisation du Sativex avant 2015

Cependant, la prescription de ce traitement, vendu par le laboratoire Almirall, ne sera pas ouverte à tous, loin de là. Il pourra être prescrit uniquement par un neurologue ou un médecin rééducateur hospitalier à des patients atteints de sclérose en plaques et souffrant de contractures qui ont persisté malgré une première thérapie. La consommation sera même très réglementée : un traitement limité à six mois, avec des ordonnances qui ne courent au maximum que sur 28 jours. D'après les estimations de l'ANSM et d'Almirall, seules 2.000 à 5.000 personnes pourraient être concernées.

Le Sativex, par son mode de délivrance, ne devrait pas (trop) être détourné pour un usage récréatif, car son effet n'est pas celui désiré par les consommateurs réguliers de marijuana.

Bien qu'il ait obtenu le droit d'être commercialisé, le médicament ne devrait pas être accessible en pharmacie avant l'horizon 2015. Car la mise en rayon d'une substance active demande de nombreuses étapes de validation. L'autorisation de mise sur le marché n'est que l'une d'elles.