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Rhume des foins : vous prendrez bien un peu de Botox ?

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Le célèbre Botox se recycle. Connue pour ses propriétés antirides, la toxine botulique va passer des tests pour voir si elle ne peut pas soigner le rhume des foins. Comment ? En bloquant l'action des nerfs du nez impliqués.

Au printemps, quand les pollens se disséminent, réapparaît le rhume des foins. Il ne s'agit de rien d'autre qu'une réaction allergique. Le Botox pourrait le traiter non pas en bloquant l'allergie mais en agissant sur les nerfs du nez pour éviter l'éternuement. © Monkey Business Images, shutterstock.com

L'antiride Botox va être mis à l'essai par une équipe de chercheurs australiens dans le traitement de la rhinoconjonctivite allergique, plus communément appelée rhume des foins, après des premiers tests concluants, ont-ils annoncé mardi.

Selon Philip Bardin, professeur au Monash Medical Centre associé à la Monash University de Melbourne, la « molécule du Botox a été reprogrammée pour pouvoir pénétrer [l'organisme] par la peau et les fosses nasales ».

Le rhume des foins se manifeste le plus souvent par un écoulement nasal, des éternuements en salves et des yeux larmoyants. Il peut aussi entraîner des troubles du sommeil et une baisse de concentration. Au cours de ces essais, le Botox sera appliqué en gel sur le nez afin d'agir sur les nerfs responsables du symptôme.

Clostridium botulinum est la bactérie qui produit la toxine botulique, l'une des plus puissantes au monde. En inhibant le relargage d'acétylcholine au niveau nerveux, l'information ne peut parvenir jusqu'aux muscles qui se trouvent paralysés. © CDC, DP

Le Botox, médicament à tout faire

Les injections de Botox, dont le principe actif (la toxine botulique A) est une neurotoxine dérivée de la bactérie Clostridium botulinum à l'origine du botulisme, agissent dans le domaine de la cosmétique en paralysant certains muscles responsables de rides.

Le Botox a été initialement approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) en 1989 pour traiter des spasmes musculaires autour des yeux. Le Royaume-Uni, les États-Unis et quelques autres pays ont depuis autorisé son usage pour soulager les migraines chroniques.

La FDA a récemment autorisé sa mise sur le marché pour traiter certaines formes d'incontinence urinaire chez des personnes souffrant de troubles neurologiques.