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Le radon, principale cause du cancer du poumon après le tabagisme

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La lutte contre le tabagisme, qui ne cesse actuellement de s'amplifier avec les résultats positifs que l'on connaît, ne doit pas nous faire oublier le deuxième vecteur du cancer du poumon, qui est le radon, comme le rappelle le BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire) dans sa dernière publication.

Sonde à radon (l'ordinateur est un HP200LX). Source : Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise.

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, produit par la désintégration de l'uranium présent dans la croûte terrestre. Il est reconnu comme étant un agent cancérigène certain chez l'homme, et sa présence est favorisée par la mauvaise ventilation des locaux, où il se concentre.

Mais tous ne sont pas égaux devant le risque, et les concentrations de radon varient fortement selon les régions. Ainsi en France, elle est particulièrement élevée en Bretagne, dans le Massif Central, les Vosges et la Corse, où on estime que 20% environ des décès par cancer du poumon ont le radon pour origine.

Si 76% des Français sont exposés à un rayonnement inférieur à 100 becquerels par mètre cube (un becquerel représente une désintégration par seconde), 15% subissent de 100 à 199 Bq et 9% plus de 200 Bq. Selon Olivier Catelinois, de l'Institut de veille sanitaire, de 5% à 12% des décès par cancer du poumon en France seraient provoqués par l'exposition à ce gaz incolore et inodore, mais ce taux grimperait à 27% pour les 9% de personnes les plus exposées.

Interaction tabac-radon

Mais il faut aussi tenir compte de l'interaction entre le tabac et le radon. Selon une récente étude statistique effectuée récemment dans neuf pays européens sur un échantillonnage total de 21356 personnes, en l'absence d'autres causes de décès, les risques absolus de cancer du poumon à l'âge de 75 ans sont de 0,4% pour 0 Bq, 0,5% pour 100 Bq et 0,7% pour 400 Bq pour une personne n'ayant jamais fumé. Par contre, ces chiffres évoluent à 10%, 12% et 16% pour un fumeur de cigarettes. On peut donc considérer que le tabac multiplie par 25 au minimum le risque de contracter un cancer du poumon par exposition au radon.

L'étude démontre que le nombre de décès par cancer du poumon attribuables au radon en France métropolitaine varie de 1234 à 2913 selon le degré d'incertitude. Même s'ils sont peu précis, ces chiffres suffisent toutefois à démontrer que l'exposition domestique au radon constitue un enjeu majeur de santé publique.

L'exposition au gaz radon venant en complément direct du tabac dans l'origine de la grande majorité des cas de cancer du poumon à travers le monde, il est souhaitable que les mesures préventives et les actions correctives contre le radon soient menées de front avec la lutte contre le tabagisme, déclarent Zhanat Carr (Organisation mondiale de la santé) et Hajo Zeeb (Université de Mayence, Allemagne).