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Première mondiale : un robot greffe un rein par voie vaginale à Toulouse

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C'est la première fois au monde qu'une opération réalisée par un robot utilise la voie vaginale à la fois pour prélever et transplanter un rein. La prouesse a eu lieu le 9 juillet 2015 au CHU de Toulouse ; la donneuse, vivante, était la sœur de la receveuse.

L'extraction rénale immédiatement suivie de la greffe a été réalisée le 9 juillet par voie vaginale, chez deux sœurs, au CHU Rangueil de Toulouse. © beerkoff/shutterstock.com

L'équipe toulousaine à l'origine de cette opération chirurgicale n'en est pas à son coup d'essai. En effet, lors d'une opération réalisée le 13 mai 2015, elle avait déjà utilisé un robot pour introduire un rein par voie vaginale. À l'époque, cette femme avait reçu le rein donné par un homme. Cette fois-ci, pendant l'opération réalisée en juillet dernier, le prélèvement du rein s'est non seulement fait par voie vaginale sur la receveuse mais aussi sur la donneuse, sa sœur. Les deux femmes se portent bien.

Un communiqué du CHU de Toulouse paru le 19 août 2015 indique que le robot chirurgical a été utilisé pour la première fois en France en 2001 à l'hôpital Mondor de Créteil, puis au CHU de Tours en 2013. Le robot a déjà servi pour une centaine de greffes de rein en Inde, aux États-Unis et en France.

Lors de l'opération réalisée par les chirurgiens Frederico Sallustro et Nicolas Doumerc en juillet, les médecins ont effectué de petites incisions intérieures sur la paroi vaginale de chaque patiente : il n'y a donc pas de cicatrice apparente. Ils ont ensuite inséré les instruments chirurgicaux pour aller jusqu'au rein. Une fois celui-ci atteint, les chirurgiens ont identifié les vaisseaux sanguins qui l'alimentent et les ont coupés. Le rein extrait, entouré de gel, a été introduit immédiatement chez la receveuse. Une heure après la greffe, l'organe transplanté fonctionnait. La donneuse est rentrée chez elle le deuxième jour et la receveuse le quatrième.

Les reins sont des organes en forme de haricot mesurant environ 12 cm de long. ©Winnifredxoxo, Flickr, CC by 2.0

Moins de douleur, une meilleure récupération et pas de cicatrice visible

Les avantages d'une telle technique opératoire sont nombreux : l'intervention par le robot Da Vinci diminue la douleur, le traitement après l'opération, le risque d'épanchement de liquide lymphatique et la durée moyenne du séjour. Le développement de cette technique pourrait aussi permettre à des patients qui ne sont pas éligibles aux méthodes classiques de se faire opérer, par exemple dans le cas d'une obésité morbide.

Autres avantages de l'intervention qui a été réalisée à Toulouse : moins de risque d'infections, d'éventration, sans compter les bénéfices esthétiques. Béatrice Pérez, 43 ans, qui a ainsi reçu le rein de sa sœur Valérie, avait déjà bénéficié d'une greffe de rein d'un donneur décédé ; sur le site lemonde.fr, elle déclare : « C'est le jour et la nuit ».

L'utilisation de la voie vaginale pour une greffe de rein n'est pas nouvelle dans le monde. En mars dernier, des médecins indiens ont publié les résultats d'une étude portant sur huit patientes qui ont bénéficié d'une introduction du rein par voie vaginale, mais par cœlioscopie. Dans cet article paru dans American Journal of Transplantation, ils ont décrit le mode opératoire utilisé avec succès : à un an de suivi, il y avait 100 % de survie et les taux de filtration glomérulaire à un mois et un an étaient similaires à ceux de huit autres femmes qui avaient eu une greffe de rein « classique ». Aucune analgésie n'avait été nécessaire après le troisième jour postopératoire chez sept des huit femmes opérées. La technique paraissait donc sûre et faisable, et permettait un fonctionnement du greffon similaire à celui d'une greffe « classique ».

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