Aedes albopictus, ou moustique-tigre, transmet le virus Zika. © James L. Occi, AFPMB, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Santé

Moustique : la menace du Zika se répand en Amérique

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Marie-Céline Jacquier, Futura-Sciences

Le virus Zika, qui se transmet par des moustiques, serait responsable de malformations chez les fœtus. Un cas vient d'être détecté aux États-Unis alors que la situation est préoccupante au Brésil, où des centaines de milliers de personnes ont été infectées depuis mai 2015. Ce virus vient par ailleurs d’être séquencé par l’Institut Pasteur de Guyane.

Le virus Zika a été décrit pour la première fois en 1947 en Ouganda. Il s'agit d'un arbovirus de la même famille que le virus de la dengue (les flaviridés). Il se transmet par des moustiques du genre Aedes : Aedes aegypti, mais aussi le moustique-tigre Aedes albopictus, présent dans certains départements de France métropolitaine. La Polynésie française et le Pacifique ont connu une épidémie de Zika en 2013-2014.

Chez la plupart des patients, la maladie reste légère, les symptômes durant de quelques jours à une semaine. Il est rare qu'une hospitalisation soit nécessaire. Cependant, pendant l'épidémie de 2013-2014 dans le Pacifique, une augmentation des cas de syndrome de Guillain-Barré et de malformations congénitales a été observée. Il n'existe aucun vaccin et pas de médicament spécifique pour traiter l'infection. Il est recommandé aux voyageurs, notamment aux femmes enceintes qui se rendent dans des régions touchées par le Zika, de prendre des précautions pour éviter les piqûres de moustiques.

La maladie a été identifiée la première fois en Amérique il y a moins de deux ans et s'est rapidement répandue en Amérique centrale et du Sud. Depuis le premier cas de Zika, détecté en mai 2015 au Brésil, les autorités brésiliennes estiment qu'entre 440.000 et 1,3 million de personnes auraient été touchées par le Zika. À la date du 7 janvier 2016, 17 cas avaient été confirmés en Guyane et 3 en Martinique. La présence du virus a également été confirmée au Panama, au Venezuela, au Salvador, au Mexique, au Surinam, en République dominicaine, en Colombie, au Guatemala et au Paraguay, d'après un communiqué de l'agence Reuters. Le 11 janvier 2016, CBS News a annoncé qu'un cas de Zika a été confirmé aux États-Unis chez un voyageur du Texas revenu récemment d'Amérique latine. Le patient a développé des symptômes souvent associés au virus Zika : fièvre, rougeurs et douleurs articulaires.

Le virus Zika est un flavivirus, un virus à ARN simple brin. © AuntSpray, Shutterstock

Le virus est homologue à celui de l’épidémie 2013-2014 du Pacifique

Au Brésil, des scientifiques ont lié ces infections par le Zika à une récente flambée des cas de microcéphalies, une malformation de naissance chez des bébés qui naissent avec une tête anormalement petite, ce qui conduit souvent à un retard mental. Plus de 2.700 bébés au Brésil sont nés avec une microcéphalie en 2015, alors qu'ils étaient moins de 150 en 2014. Cette augmentation pourrait être liée au virus Zika mais il est encore trop tôt pour en être certain. C'est l'avis de Dominique Rousset (institut Pasteur de Guyane) : « Ces anomalies sont-elles dues uniquement au virus Zika, ou à la circulation conjointe d'autres agents infectieux ou à d'autres facteurs ? Des projets de recherche multidisciplinaires doivent être mis en place pour tenter de répondre à ces interrogations. D'ores et déjà, nous nous appliquons à mieux connaitre ce virus et comprendre son évolution, ce qui passe notamment par le renforcement des outils de diagnostic ».

Début janvier 2016, l'équipe de Dominique Rousset a publié dans la revue The Lancet la séquence génétique complète du virus Zika qui circule en Amérique. En novembre 2015, l'institut Pasteur de Guyane avait confirmé les cinq premiers cas autochtones de Zika au Surinam. Ces patients étaient négatifs pour la dengue et le chikungunya et positifs pour le Zika. Le génome complet du virus a été obtenu à partir du sérum d'un de ces patients. L'analyse du génome a montré que le virus qui circule provient d'un lignage asiatique : il partage 99,7 % et 99,9 % d'identité avec la souche qui a causé l'épidémie en Polynésie française en 2013, pour respectivement les nucléotides et les acides aminés.

Dans un communiqué de presse, Dominique Rousset, explique : « Jusqu'ici peu de séquences intégrales de ce virus et aucune de la souche circulant actuellement en Amérique du Sud et en Amérique centrale n'étaient disponibles. L'obtention de la séquence complète du virus est un point de départ important pour mieux comprendre l'évolution de son comportement ».

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