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Maladie de Huntington : pertinence des modèles animaux

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Une équipe scientifique internationale conduite par le professeur Ruth Luthi-Carter, du laboratoire de neurogémonique fonctionnelle, à l'EPFL (Ecole Polytechnique Federale de Lausanne), entouré de chercheurs attachés à des laboratoires de Suisse, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande, a constaté que les gênes liés à la maladie de Huntington s'expriment à l'identique dans le cerveau des souris et des humains.

Emplacement du striatum (structure du centre du cerveau, comprenant le noyau caudé et le putamen. Crédit : "Le cerveau à tous les niveaux" (cf. liens)

Cette découverte, qui vient d'être publiée et fait la couverture du magazine "Human Molecular Genetics" de ce mois d'août, confirme la valeur des conclusions apportées dans le cadre de la recherche expérimentale sur les modèles animaux et leur transposition chez le sujet humain, ainsi que leur pertinence dans la mise au point de médicaments.

Cette avancée a été permise en démontrant une similitude entre les dérèglements des neurones chez l'animal et chez les patients atteints de la maladie de Huntington, ou HD (Disease de Huntington).

Au cours de leurs expérimentations, les scientifiques ont mesuré le profil d'expression génique de sept modèles de souris transgéniques utilisées en laboratoire afin de déterminer exactement le rôle joué par différentes formes et dosages de la protéine huntingtine dans le dérèglement de la transcription des gènes. Ils ont ensuite mis au point une procédure d'analyse permettant de quantifier avec précision le degré de ressemblance entre les profils d'expression des gênes chez la souris et les patients humains. C'est ainsi qu'il a été démontré une similitude parfaite du dérèglement d'expression dans les modèles transgéniques comparés à la maladie humaine.

La maladie de Huntington

La maladie de Huntington, aussi appelée "chorée de Huntington", est une maladie génétique neurodégénérative très rare mais grave et chronique, touchant surtout le striatum (structure du centre du cerveau, comprenant le noyau caudé et le putamen).

Le gène responsable de la maladie a été localisé sur le bras court du chromosome 4 et le défaut moléculaire sous la forme de la multiplication d'une séquence répétée de type CAG dans un gène (IT15) codant pour une protéine appelée "huntingtine" dont l'activité reste inconnue.

Elle s'annonce par une dégénérescence neuronale affectant les fonctions motrices et cognitives conduisant à la démence, accompagnée de manifestations neurologiques avec gestes incohérents et anormaux, indépendants de la volonté du patient, ainsi que de troubles de l'équilibre et même de léthargie. Elle est généralement mortelle en 15 à 20 ans.