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Maladie d'Alzheimer : les dernières avancées, pour quels traitements ?

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À l'occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, Futura-Sciences propose un état des lieux de nos connaissances. Qu'avons-nous appris cette année sur cette maladie neurodégénérative ? Quelles sont les pistes des futurs traitements ?

La protéine Tau est l'objet de recherches sur des traitements de la maladie d'Alzheimer. Son rôle crucial pour la stabilité des microtubules est ici démontré. Dans le cas d'un neurone sain, l'ensemble de la structure se maintient mais, lorsque la protéine perd sa fonctionnalité, le microtubule se désagrège. © zwarck, Wikipédia, cc by sa 2.5

Avec 225.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, la maladie d'Alzheimer touche de nombreuses familles. Cette maladie dégénérative du cerveau entraîne des anomalies de comportement et des troubles cognitifs, dont les plus connus sont les troubles de la mémoire.

Une pathologie très difficile à vivre, donc, pour les personnes atteintes mais aussi pour leurs proches. La Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer met en lumière les progrès réalisés dans les traitements, les pistes prometteuses et se veut une aide aux personnes concernées.

Futura-Sciences suit ces progrès et fait le point sur les dernières avancées.

Maladie d'Alzheimer : état des lieux de nos connaissances

Même si le bénéfice dans le quotidien des malades et de leur famille n'est pas toujours concret rapidement, la recherche ne cesse d'étudier la maladie d'Alzheimer. Mieux la comprendre pour la diagnostiquer plus tôt et mieux la soigner.

C'est au fil des expériences que les spécialistes ouvrent le spectre de la connaissance, permettant d'apporter des pièces au puzzle. Comme en avril dernier, quand une équipe Inserm a identifié un nouveau gène, SORL1, impliqué dans les formes précoces de la maladie. Ou lorsque des spécialistes islandais ont, au mois de juillet, découvert qu'une mutation rare d'un gène préservait de la maladie et du déclin cognitif dû au vieillissement, établissant une possibilité de lien entre ces deux troubles.

Voici un mois exactement, un travail démontrait que les arômes artificiels de beurre (présents dans le pop corn, la margarine...) seraient un facteur aggravant de la maladie.

Parmi les dernières découvertes également, celle de chercheurs américains qui publiaient en juin 2012 une étude sur des souris, montrant la propagation de la protéine Tau, impliquée dans la maladie d'Alzheimer, dans le cerveau. Une autre protéine, nommée bêta-amyloïde, a été l'objet d'une étude confirmant une hypothèse évoquée : cette neurodégénérescence pourrait être une maladie à prions. Une avancée qui bouleverserait notre vision de la maladie et des possibles traitements.  

Les avancées sur les traitements de la maladie d'Alzheimer

Les traitements, justement, sont l'un des objectifs prioritaires, et dépendent des connaissances nouvelles apportées régulièrement par les chercheurs. La découverte de la propagation de la protéine Tau a donné lieu à des tests d'un vaccin sur les souris, qui s'est révélé efficace. Peu de temps après, c'est la molécule EpoD qui a montré son action positive sur cette protéine, un traitement sur les souris opérant aussi bien en prévention qu'en arrêt de la progression de la maladie. Les essais cliniques sur l'Homme ont démarré en juillet. Affaire à suivre !

Deux médicaments sont également porteurs d'espoir : le donépézil, prescrit dans les phases précoces de la démence, serait utile dans le ralentissement de sa progression, selon les résultats d'un essai clinique. Enfin, le bexarotène, un anticancéreux, pourrait lui aussi améliorer la prise en charge des personnes atteintes, en réduisant considérablement les plaques séniles. Les expériences sur des souris ont montré un recul de ces plaques de 50 % en 72 heures. Les premiers résultats des essais cliniques sont attendus pour 2013.

Pour en savoir plus sur cette maladie, parcourez le dossier complet ci-dessous.

Dossier complet sur la maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer constitue un véritable problème de santé publique en France, en raison du vieillissement de la population. La recherche actuelle vise à trouver de nouveaux médicaments et détecter plus tôt la maladie.

 

 

 

La maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau qui conduit à la démence. Décrite en 1906 par le neurologue allemand Alois Alzheimer, elle représente la majorité des cas de démence en France. 

 

 

 

Les troubles apparaissent progressivement sur des mois, et même des années. La maladie d'Alzheimer peut débuter par un épisode de dépression. Les troubles de la mémoire sont généralement les premiers signes de la maladie. 

 

 

 

Chez le médecin, différents tests peuvent être effectués. Le questionnaire de Mac Nair permet d'évaluer la plainte mnésique du patient. Quand un malade se plaint de troubles de la mémoire, on dit qu'il exprime une "plainte mnésique". 

 

 

 

Alois Alzheimer avait le premier décrit les lésions cérébrales d'une malade autopsiée en 1906. Deux caractéristiques se retrouvent dans le cerveau des malades : la présence de plaques séniles et des dégénérescences neurofibrillaires. 

 

 

 

Alors que les plaques séniles sont observées à l'extérieur des cellules nerveuses, les dégénérescences neurofibrillaires sont présentes à l'intérieur des neurones. Il s'agit d'enchevêtrements de fibrilles dans le corps cellulaire des neurones. 

 

 

 

En plus de l'âge, l'hygiène de vie et certains facteurs génétiques peuvent favoriser le développement de la maladie d'Alzheimer. 1. L'âge des patients Plus l'âge augmente, plus le risque de développer la maladie d'Alzheimer est grand. 

 

 

 

1. Une prise en charge globale Le fait d'avoir une bonne hygiène de vie permet de prévenir en partie le développement de la maladie d'Alzheimer et son traitement. Une fois la maladie déclarée, une prise en charge globale du patient est nécessaire. 

 

 

 

- Quels sont les facteurs influençant la mémoire ? Une alimentation équilibrée est nécessaire ; celle-ci doit utiliser des sources de vitamines variées. Les troubles du sommeil gênent les processus de mémorisation : pour bien apprendre, il faut un sommeil nocturne de bonne qualité. 

 

  

Luc Buée dirige l'équipe "Maladies neurodégénératives et mort neuronale" au centre Inserm Jean-Pierre Aubert de l'Université Lille 2. Il expose quelques pistes de recherche sur Alzheimer. - Quels pourraient être les médicaments du futur pour traiter les malades ?