Une nouvelle piste explorée chez la souris consiste à retirer l’ADN du virus dans les cellules infectées, par une technique de génie génétique. © lordn, Fotolia

Santé

Ils éliminent le virus du Sida chez des souris

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Lors de l'infection par le VIH, un ADN viral s'insère dans le génome de la cellule, sous la forme d'un provirus. Dans un modèle de souris, des chercheurs ont réussi à éliminer cet ADN proviral en utilisant l'édition du génome (CRISPR-Cas9).

À l'heure actuelle, les médicaments contre le VIH empêchent le virus de se répliquer mais il reste un réservoir latent dans l'organisme. Si le patient arrête son traitement, la maladie risque de se développer. Le VIH est un rétrovirus qui intègre un ADN (le provirus) dans le génome des cellules hôtes. Or les médicaments ne peuvent pas l'enlever du génome des cellules infectées. L'objectif de ces travaux était donc de supprimer ces séquences du VIH en utilisant l'édition génomique, une technique de génie génétique qui modifie le génome.

Dans un article paru dans Molecular Therapy, les scientifiques décrivent la méthode qu'ils ont employée. Ils ont utilisé un virus AAV comme vecteur. Celui-ci apportait des ARNs guides associés à la protéine Cas9 pour couper le provirus du VIH-1 dans le génome de cellules infectées. L'efficacité de ce système a été testée dans trois modèles animaux différents.

L’ADN du provirus est retiré des cellules infectées par édition du génome

L'efficacité a d'abord été démontrée dans des cellules de souris transgéniques dans lesquelles le génome du VIH-1 était intégré. Ensuite, les chercheurs ont utilisé des sujets infectés par le virus EcoHIV (le virus murin équivalent au VIH). Grâce à leur vecteur AAV, le génome viral avait disparu dans différents tissus (foie, poumons, cerveau, rate). Enfin, des souris ont été « humanisées » avec des cellules immunitaires humaines et infectées avec le VIH-1. Le génome viral était absent dans la rate, les poumons, le cœur, le côlon et le cerveau après une seule injection du vecteur en intraveineuse.

Pour les chercheurs des universités de Temple et de Pittsburgh aux États-Unis, cette méthode d'édition du génome « offre un traitement prometteur pour le VIH-Sida ». La prochaine étape consistera à reproduire ces résultats chez des primates, avant, éventuellement, d'envisager des essais cliniques chez l'Homme.