Les 11.000 canards de l'élevage de Cruéjouls (Aveyron) devront être abattus car un foyer de grippe aviaire y a été identifié. L’éleveur sera indemnisé. © WathanyuSowong, Shutterstock

Santé

Grippe aviaire : un nouveau foyer confirmé dans l'Aveyron

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Un nouveau cas de grippe aviaire identifié dans un élevage de canards de Cruéjouls, dans l'Aveyron, porte à 81 le nombre de foyers détectés en France depuis novembre 2015. Il n'existe pas de risque de transmission à l'Homme par consommation de volaille ou de foie gras.

En juillet dernier, un premier foyer d'influenza aviaire hautement pathogène avait été détecté dans l'Aveyron, dans un élevage de 2.000 canards situé à Vareilles. Un second foyer a été confirmé ce 5 août, à 70 km de là, sur la commune de Cruéjouls, dans un élevage de 11.000 canards prêts à gaver. Il s'agirait de virus similaires. Après l'abattage des animaux, une zone de protection et de surveillance sera installée aux alentours.

Le nombre de foyers d'influenza aviaire hautement pathogène s'élève désormais à 81 en France ; ceux-ci sont répartis sur dix départements du Sud-Ouest :

  • la Dordogne (17 foyers) ;
  • les Landes (31 foyers) ;
  • la Haute-Vienne (1 foyer) ;
  • le Gers (10 foyers) ;
  • les Pyrénées-Atlantiques (13 foyers) ;
  • les Hautes-Pyrénées (3 foyers) ;
  • le Lot (2 foyers) ;
  • la Haute-Garonne (1 foyer) ;
  • le Tarn (1 foyer) ;
  • l'Aveyron (2 foyers).

Au printemps 2016, un vide sanitaire a été mis en place dans 18 départements (dont l'Aveyron) : la mesure a conduit à vider les élevages de leurs animaux pour désinfecter les lieux. Puis, les volailles ont pu réinvestir les élevages pour reprendre la production de foie gras. Les consommateurs ne doivent pas s'inquiéter pour leur santé : il n'existe pas de risque de propagation à l'Homme lié à la consommation de volaille.

Le nouveau foyer de grippe aviaire a été détecté dans un élevage de canards à Cruéjouls, dans l'Aveyron. © idé

La peur d’une transmission du virus à l’Homme

L'influenza aviaire est un virus influenza de type A qui infecte des oiseaux d'élevage, d'ornement et des oiseaux sauvages. Certaines souches conduisent à des taux de mortalité élevés chez ces animaux : ce sont les souches décrites comme hautement pathogènes. Ainsi, le virus H5N1 est une souche hautement pathogène qui a infecté un grand nombre d'oiseaux dans le monde à partir d'un virus asiatique.

La propagation des virus influenza aviaire est favorisée par la mondialisation des échanges et la présence du virus chez les animaux sauvages, qui peuvent constituer un réservoir de la maladie. Le virus est très contagieux chez les oiseaux. Les virus se propagent par contact avec des sécrétions d'oiseaux malades, comme des déjections. Les Hommes peuvent ainsi répandre le virus par des vêtements, chaussures ou véhicules contaminés. Le virus hautement pathogène survit longtemps dans les déjections fécales, surtout s'il fait froid : pendant 35 jours à 4 °C ou pendant 6 jours à 37 °C.

L'influenza aviaire provoque une zoonose, c'est-à-dire une maladie animale qui peut passer à l'Homme. En effet, si le virus H5N1 est virulent chez les oiseaux sauvages et d'élevage, il peut aussi se transmettre à des mammifères dans de rares cas. L'infection du porc par le H5N1, bien que rare, est préoccupante car il existe un risque de mutation de la souche dans cet animal. La transmission à l’Homme est exceptionnelle mais peut avoir lieu lors de contacts étroits avec de la volaille infectée, dans des environnements très contaminés.

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