Pour la première fois, des chercheurs ont démontré un lien entre un gène et le risque plus élevé de mélanome chez les personnes aux cheveux roux. © Nina Malyna, Shutterstock

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Le gène des cheveux roux augmente le risque de cancer de la peau

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Porter le gène des cheveux roux, de la peau claire et des taches de rousseur équivaut à 21 années d'exposition supplémentaire au soleil par rapport à la population générale. C'est le résultat d'une étude qui pointe sur une variante du gène MC1R, même quand il est seul. Autrement dit, le surrisque de mélanome existe au sein des familles où il se promène, même chez ceux qui ne sont pas roux.

Il est connu que les roux présentent un risque plus élevé de développer un cancer de la peau. Mais pourquoi ? Des chercheurs britanniques de l'institut Wellcome Trust Sanger ont une piste : les variants du gène MC1R qui donnent à leur porteur des cheveux roux, mais aussi une peau pâle et des taches de rousseur. La protéine codée par ce gène (MelanoCortin 1 Receptor) est un récepteur pour la mélanocortine, située sur la membrane des mélanocytes, ces cellules qui donnent leur coloration à la peau. Selon le variant de ce gène (ou allèle), le mélange de mélanines diffère, et avec lui la couleur.

Leur étude, publiée dans Nature Communications, montre un lien assez net. Les chercheurs ont analysé le génome extrait des mélanomes (un cancer de la peau) de 400 personnes (de plusieurs continents). Résultat : dans 42 % des cas s'y trouvait l'un des allèles de MC1R associés aux cheveux roux. Cette proportion est très supérieure à celle de la population générale. Plus significatif encore, les chercheurs ont découvert qu'un seul gène suffit. La corrélation avec les mutations liées au mélanome existe en effet même avec un seul exemplaire de cet allèle. Un brun ou un blond peut porter le gène roux, qui est récessif : il en faut deux, un sur chaque chromosome (de la paire 16 en l'occurrence), pour que la personne soit rousse. Autrement dit, les personnes d'une famille qui compte des rousses et des roux peuvent, s'ils possèdent cet allèle, présenter le surrisque.

D'après les auteurs de l'étude, les mécanismes sont complexes. La présence de cet allèle, expliquent-ils, augmente la probabilité de mutations qui rendent la peau plus sensible aux UV. Mais pas seulement. Elle renforce aussi le risque d'autres mutations liées aux cancers de la peau pour lesquels la lumière du soleil ne joue aucun rôle. Donc, pas de conclusion pratique autre que celle de se protéger des rayons trop ardents, par une crème, un vêtement ou des expositions limitées.

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