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Cholestérol : le jaune d’oeuf presque aussi mauvais que le tabac

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Par Janlou Chaput, Futura

On savait le tabac nocif pour les artères. Le jaune d'œuf serait presque aussi dangereux. Il favoriserait en effet la formation de plaques d'athérome dans les vaisseaux sanguins, à l'origine d'infarctus et d'AVC, surtout à partir de la quarantaine.

Le jaune d'œuf s'appelle aussi le vitellus. Il contient tous les éléments pour alimenter le poussin pendant sa gestation et les premières heures de sa vie hors de sa coquille, avant qu'il ne commence à picorer. Il est donc riche en éléments nutritifs, et le cholestérol ne fait pas exception ! © Joao Estevao A. de Freitas, Wikipédia, DP

Le jaune d'œuf est un aliment riche. Et pour cause : il est censé nourrir le poussin pendant sa gestation à l'intérieur de la coquille. Riche en oméga-3, en protéines ou en antioxydants, il contient également beaucoup de cholestérol (200 mg en moyenne). Or il est conseillé de ne pas dépasser les 300 mg par jour.

De précédentes recherches tendaient à rassurer, prouvant que la consommation de jaune d'œuf n'a pas d'influence sur les taux de cholestérol circulant. Alors peut-on le manger sans modération ? Une nouvelle étude publiée dans Atherosclerosis vient rompre cet optimisme et démontre qu'il a un impact néfaste sur la santé des artères, et donc la santé en général !

Le jeune d’œuf, fournisseur de plaques d’athérome

Les chercheurs de l'University of Western Ontario (Canada) ne se sont pas focalisés sur le cholestérol sanguin mais plutôt sur ses conséquences directes dans l'organisme : les plaques d'athérome. Elles correspondent à des amas de graisse obstruant les vaisseaux, diminuant le débit sanguin ou le bloquant entièrement, allant jusqu'à causer des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

À l'aide d'une échographie, les mesures des plaques d'athérome totales dans l'artère carotide (au niveau du cou), de 1.262 patients, (47 % de femmes) ont été effectuées. En parallèle, les volontaires, âgés de 61 ans en moyenne, ont répondu à des questionnaires portant sur leur mode de vie, la prise de médicament, leur consommation de tabac et bien sûr de jaunes d'œuf.

Les jaunes d'œuf se retrouvent dans beaucoup d'aliments : pâtisseries, panures, ou encore sauces. Personnes à risques, veillez à ne pas en manger trop ! © Zasypkyn, StockFreeImages.com

L'analyse des résultats montre que les dégâts vasculaires causés par l'aliment correspondent aux deux tiers de ceux engendrés par la cigarette pour au moins trois œufs avalés par semaine. C'est à partir de 40 ans environ que l'athérosclérose s'accélère et que la détérioration devient plus importante. Des données observées globalement, même lorsque les principaux facteurs de risque (âge, IMC, tension artérielle, diabète) ont été ajustés. Cependant, l'activité physique ou le tour de taille n'ont pas été pris en compte dans cette étude et pourraient avoir une influence.

Autrement dit, ce travail contredit les analyses précédentes qui écartaient la menace des œufs pour les taux de cholestérol. Il semblerait qu'une simple analyse de sang ne suffise pas à déterminer l'impact sur la santé.

Le cholestérol vu par photographie numérique

Une autre étude nous apprend que l'on pourrait se passer des piqûres pour estimer la cholestérolémie. Des scientifiques du Sree Sastha Institute of Engineering and Technology en Inde viennent de prouver qu'il est possible de remplacer la prise de sang... par une photographie de l'arrière de la main.

Ils expliquent dans le Journal of Medical Engineering and Informatics que le cholestérol se concentre dans les plis des doigts. Une photo capturée par un appareil numérique est comparée par informatique à des millions de clichés regroupés dans une base de données et faisant office d'étalon.

L'analyse ne renseigne que sur la valeur totale de cholestérol et non sur le détail et les différents composants (bon cholestérol ou mauvais). Pour les personnes présentant des taux élevés, la prise de sang s'impose de manière à analyser plus précisément l'échantillon. Dans le cas contraire, pas la peine d'insister : le patient n'a pas besoin d'examen supplémentaire !

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