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Les baladeurs MP3, fléau de l'audition

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Si l'on est conscient des nuisances sonores sur le lieu de travail ou dans les transports, une nouvelle étude montre les effets plus surprenants des MP3 et autres baladeurs audio sur notre audition. Vacarme citadin des transports en commun et baladeurs MP3 engendrent à eux deux des nuisances chez près de 90 % des New-Yorkais.

Écouter la musique trop fort peut causer des dégâts irréversibles dans les oreilles. Et ainsi accélérer le processus de perte de l'audition liée à l'âge. © ToMiNoU, Flickr, cc by nc sa 2.0

Lors de concerts, au cinéma, et même dans la rue, les bruits peuvent nous agresser. Auditivement parlant bien sûr. Pour tenter de mesurer l'impact des bruits, les chercheurs se focalisaient principalement sur les lieux de travail, reconnus comme l'environnement nuisible numéro 1 pour l'audition. Placés en deuxième position, les déplacements en métro ou en bus au milieu de la jungle urbaine, de toute sa circulation et de ses coups de klaxon.

Mais le mode de vie a changé et les habitudes avec. Des scientifiques des universités du Michigan et de Californie (États-Unis) se sont intéressés à la contribution des différentes sources de bruits communs dans l'exposition sonore annuelle chez 4.500 New-Yorkais utilisant quotidiennement les transports publics. Ont été évalués les bruits de la circulation, des différentes activités personnelles et professionnelles, ainsi que l'impact des baladeurs audio.

Le MP3 responsable des deux-tiers des expositions nuisibles

Les résultats obtenus ont été surprenants, puisque 90 % des usagers des transports s'exposaient à des sonorités trop bruyantes durant l'année. Les moyens de locomotion en eux-mêmes n'expliquent que 10 % de ces chiffres. Car les bruits environnants sont souvent couverts par les lecteurs MP3 et autres baladeurs audio qui apportent le son directement à l'oreille. Ce sont eux qui sont responsables des deux-tiers des expositions sonores potentiellement nuisibles pour l'audition.

L'audition est un sens complexe faisant intervenir différents acteurs, du pavillon servant à capter un maximum de sons jusqu'aux nerfs pour acheminer l'information jusqu'au cerveau pour que celle-ci soit traitée. En apportant la musique directement dans le conduit auditif, on peut agresser le tympan et la cochlée. © B. Guillot, Wikipédia, DP

Rick Neitzel, l'un des principaux chercheurs impliqués, s'étonne de ce constat. « Je pense que c'est un problème grave. Il n'y a pas d'autres expériences dans lesquelles on tolèrerait que 9 personnes sur 10 soient exposées à des niveaux que nous savons dangereux. Nous ne l'accepterions pas dans d'autres contextes, comme avec des vecteurs de cancers ou de maladies chroniques. Mais pour l'exposition sonore, on le fait. »

Des dégâts auditifs irréversibles

Pour donner un ordre d'idée, une conversation banale présente environ 60 décibels (dB), les transports en commun peuvent monter jusqu'à 80 dB, la limite du bruit au travail est de 87 dB, une scie circulaire monte à 90... et les baladeurs MP3 sont heureusement plafonnés à 100 dB (tout de même l'équivalent d'un marteau-piqueur à moins de 5 mètres), mais cela suffit pour causer des dégâts auditifs irréversibles.

On dispose, pour chaque oreille, d'un stock d'environ 15.000 cellules auditives. Lors d'une exposition sonore trop intense et prolongée, des cellules finissent par mourir, et ne sont jamais renouvelées au cours de la vie. C'est pour cela que l'on perd de l'audition au fil des années. Le risque, désormais, avec ses nouvelles technologies, c'est d'assister à une diminution des capacités auditives bien plus précoce et bien plus importante qu'elle ne l'était dans le passé. Finalement, le plus triste dans cette histoire, c'est qu'à force d'écouter la musique trop fort, on finira par ne l'entendre à moitié.