L’Afssaps, l'agence sanitaire française, vient de reconnaître que le baclofène pourrait procurer des bénéfices dans le traitement contre l’alcoolisme. En attendant les résultats d’un test clinique qui devrait prochainement commencer, elle avoue ne pas remettre en cause sa prescription au cas par cas.

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    L'Afssaps change progressivement d'attitude face à l'utilisation du baclofène dans le traitement contre l'alcoolisme. Sceptique au départ, elle commence à reconnaître quelques bénéfices. Le test clinique lancé lui fera-t-elle revoir complètement sa position ? © Phovoir

    L'Afssaps change progressivement d'attitude face à l'utilisation du baclofène dans le traitement contre l'alcoolisme. Sceptique au départ, elle commence à reconnaître quelques bénéfices. Le test clinique lancé lui fera-t-elle revoir complètement sa position ? © Phovoir

    « L'efficacité du baclofène dans la prise en charge de l'alcoolodépendance n'est pas démontrée à ce jour », souligne l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Dans un nouveau point d’information, elle évoque cependant pour la première fois, un « bénéfice clinique chez certains patients ». Pour en savoir plus, elle a aussi autorisé le lancement d'un essai clinique de grande ampleur.

    « Une étude observationnelle récente, a montré des données d'efficacité (abstinence ou réduction de la consommation compulsive) chez certains patients », précise l'Agence. Elle ajoute toutefois que les données actuellement disponibles « ne permettent pas d'établir des recommandations consensuelles sur l'utilisation de ce produit ».

    C'est pourquoi l'Afssaps vient d'autoriser la mise en place d'un « premier essai clinique en milieu ambulatoireambulatoire » afin de démontrer l'efficacité du baclofène, comparativement à un placébo, sur la consommation d'alcool. Le protocoleprotocole intégrera 320 patients pris en charge par des médecins addictologues. L'objectif sera également de déterminer, à terme, la dose de baclofène possédant « une efficacité et une tolérance acceptable ».

    L'alcoolisme est une addiction très forte contre laquelle les thérapies présentent une efficacité relative. Le baclofène convaincra-t-il l'Afssaps ? © mjafardo, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

    L'alcoolisme est une addiction très forte contre laquelle les thérapies présentent une efficacité relative. Le baclofène convaincra-t-il l'Afssaps ? © mjafardo, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

    Baclofène : l’Afssaps méfiante sur les doses

    En revanche, l'Afssaps ne met pas en cause l'utilisation et la prescription du baclofène à l'échelle individuelle. Elle préconise un recours « au cas par cas » et « une adaptation posologique individuelle » pour limiter les effets indésirables.

    En effet, les doses de baclofène prises dans le cadre d'un sevrage alcooliquesevrage alcoolique sont souvent supérieures à celles recommandées dans le cadre de son autorisation de mise sur le marchéautorisation de mise sur le marché (AMM). Rappelons que le baclofène est une moléculemolécule autorisée sur le marché depuis 1975. À l'origine, elle est indiquée dans le traitement des contractures musculaires involontaires, d'origine cérébrale ou survenant au cours d'affections neurologiques, telles que la sclérose en plaques ou certaines maladies de la moelle épinière.