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L’anti-inflammatoire diclofénac associé à un risque cardiovasculaire

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Le diclofénac, molécule anti-inflammatoire retrouvée dans de nombreux médicaments, augmenterait les risques d'accident cardiovasculaire. Pas de panique : la Société française de rhumatologie invite les personnes concernées à se rendre chez leur médecin, pour voir l'intérêt de poursuivre ou de changer de traitement. En attendant un verdict officiel à venir.

Le Voltarène est l'un des noms commerciaux du diclofénac, cette molécule anti-inflammatoire que l'on accuse d'augmenter modérément les risques d'accident cardiovasculaire pour les patients suivant un traitement au long cours. © Doctor autumnal sky, Wikipédia, cc by 3.0

Pas de diclofénac au long cours en cas de risque cardiovasculaire ! À la lumière d'études récentes, la Société française de rhumatologie (SFR) attire l'attention via un communiqué sur une augmentation modérée du risque d'accident cardiovasculaire associé à la prise de cet anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Lequel est largement utilisé dans le monde.

Le diclofénac est un principe actif présent dans de nombreux médicaments comme le Voltarène. Il est indiqué dans le traitement de la douleur et de l'inflammation, notamment « dans le traitement symptomatique au long cours des rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïdespondylarthrite ankylosante ou syndromes apparentés et rhumatisme psoriasique) et de certaines arthroses douloureuses et invalidantes », indique la SFR.

La société savante fait référence à « différentes études internationales récentes mettant en évidence une augmentation (modérée) du risque d'accident cardiovasculaire » associée à cet AINS. C'est pourquoi, aux yeux de ses représentants, « la prescription des AINS, et en particulier du diclofénac, doit faire l'objet d'une évaluation particulière chez les patients à risque cardiovasculaire. »

Le diclofénac est principalement utilisé pour lutter contre les douleurs en rapport avec les inflammations articulaires, comme dans la polyarthrite rhumatoïde. © Dhammza, Flickr, cc by nc nd 2.0

Poursuivre le diclofénac ou changer de traitement ?

Pour les personnes concernées, il serait malvenu d'arrêter le traitement. La SFR recommande surtout de « se rapprocher de son médecin qui évaluera l'intérêt de le poursuivre », ou de basculer vers un autre médicament. Elle cite le naproxène qui, « en fonction des données actuelles, est l'AINS de choix pour un traitement au long cours chez un patient à risque cardiovasculaire ».

À noter qu'une réévaluation du rapport bénéfices/risques des médicaments à base de diclofénac est actuellement en cours au sein de l'Agence européenne des médicaments (Ema). Ce travail doit intégrer les travaux récents, lesquels, d'après l'Agence française du médicament (ANSM), « mettent en évidence un risque cardiovasculaire plus élevé avec le diclofénac qu'avec les autres AINS non sélectifs. Ce risque est similaire à celui des coxibs (inhibiteurs des Cox-2), autre classe de médicaments utilisés dans le traitement de la douleur et de l'inflammation. »

Les conclusions seront rendues publiques au cours des prochaines semaines. Le sujet sera à l'ordre du jour de la réunion de mai du Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (Prac), une instance de l'Ema.