Santé

Allégations santé pour les produits alimentaires : toujours le flou

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Les industriels de l'agroalimentaire doivent désormais demander une autorisation pour apposer sur leurs produits des allégations santé, c'est-à-dire un argumentaire publicitaire indiquant des effets bénéfiques sur la santé. Des dizaines de milliers de demandes attendent d'être examinées par l'Agence européenne de sécurité des aliments mais personne n'est d'accord sur les critères à prendre à compte.

Se soigner en faisant ses courses ? Pas si simple... © Sly/Fotolia

Depuis l'adoption du règlement européen de 2006 sur les allégations santé et les profils nutritionnels, les instances décisionnaires tardent à en définir les modalités d'application. Un comté AOC pourra-t-il bientôt se voir interdit d'allégation santé ? Sa richesse en calcium, au motif qu'il serait trop gras, vaudrait-elle moins que celle d'autres aliments ?

Les profils nutritionnels - teneur en matières grasse, sel, sucre... - devaient être fixés début 2009. Dans le principe, un produit ne pourra porter d'allégation nutritionnelle que s'il correspond à un certain profil. Pourtant, la situation est bloquée au niveau de la Commission européenne. Industriels, associations de consommateurs, DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), etc., font valoir des arguments contradictoires. Et le consommateur dans tout cela ?

13% des consommateurs y croient

Limiter aux seuls aliments supposés sains le droit de formuler des allégations reviendrait à ne retenir que 20% des produits vendus. Il serait impossible, alors, d'indiquer sur une tablette de chocolat - très riche en graisse - qu'elle est pauvre en sucre. De plus, que faire des aliments moins standardisés, comme la viande fraîche ou le pain ? Pas de réponse à l'heure actuelle...

Jusqu'à présent les industriels pouvaient se targuer d'allégations selon leur bon vouloir, sans devoir solliciter d'autorisation. Celle-ci est désormais obligatoire. Bilan : 44.000 allégations ont été déposées par des industriels des 27 Etats membres de l'Union. Elles attendent leur validation par l'EFSA (Agence européenne de Sécurité des Aliments) mais en moyenne, 20% seulement devraient être reconnues.

Allégations et profils nutritionnels ne peuvent pas répondre à tout. Pourtant le besoin du consommateur existe. D'après l'étude Inca 2, 13% d'entre eux, lorsqu'ils ont le choix, se portent systématiquement sur des produits avec allégations santé.