Santé

Des anomalies cérébrales causeraient le syndrome de fatigue chronique

ActualitéClassé sous :maladie , syndrome de fatigue chronique , SFC

-

Les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique (SFC) présentent des anomalies cérébrales, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale Radiology et réalisée à partir de différentes techniques dont l'IRM.

Kezako : comment fonctionne une IRM ?  L’IRM, ou imagerie par résonance magnétique, est une technique d’imagerie médicale permettant d’observer l'intérieur du corps de façon non invasive. Contrairement aux rayons X, son utilisation n’est pas néfaste pour l’organisme. Unisciel et l’Université de Lille 1 nous expliquent, avec le programme Kézako, comment fonctionne cet appareil. 

Le syndrome de fatigue chronique (SFC), également appelé encéphalomyélite myalgique, se caractérise par une fatigue persistante et inexpliquée qui perdure pendant des mois, voire des années, malgré le repos. Considérée comme une maladie neurologique, elle apparaît souvent de façon soudaine, entraînant une détérioration rapide et importante de la santé. Les symptômes ne se limitent pas à une grande fatigue mais comprennent aussi des douleurs articulaires et musculaires, des migraines, un gonflement des glandes lymphatiques, des problèmes gastro-intestinaux et une tension artérielle anormale. Plus d'un million d'adultes et d'enfants en sont affectés aux États-Unis, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Dans le cadre d'une nouvelle étude dont les résultats sont parus dans la revue Radiology, des chercheurs ont effectué des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) sur quinze patients, hommes et femmes, atteints de ce syndrome et sur un groupe témoin de quatorze personnes des deux sexes et du même âge en bonne santé. Ils ont utilisé trois différentes techniques d'IRM pour obtenir une analyse volumétrique permettant de mesurer la taille des différents compartiments du cerveau; pour observer la substance blanche composée de fibres nerveuses transportant des messages entre les neurones; pour mesurer le flot sanguin cérébral.

Un biomarqueur pour diagnostiquer un SFC ?

La comparaison des différents résultats a révélé que les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique ont un volume légèrement plus faible de substance blanche. Il existe aussi chez elles une diffusion anormale de molécules d'eau dans une partie de la substance blanche de l'hémisphère cérébral droit. Enfin, les chercheurs ont constaté chez les sujets souffrant de ce syndrome des anomalies dans deux parties du cerveau qui relient le lobe frontal et le lobe temporal.

« Plus ces deux parties du cerveau sont anormales, à savoir plus épaisses dans leur apparence, plus les symptômes sont sévères », souligne le docteur Michael Zeineh, professeur adjoint de radiologie à la faculté de médecine de Stanford en Californie (Ouest). Ces résultats permettent d'envisager la disponibilité d'un biomarqueur du syndrome de fatigue chronique qui pourrait aider à le diagnostiquer, estime-t-il.

Bien que cette étude ne porte que sur quinze malades, les techniques d'imagerie sont prometteuses comme outil de diagnostic afin d'identifier les personnes souffrant de cette pathologie, jugent les chercheurs, qui précisent avoir obtenu un taux de détection de 80 %. Outre l'outil diagnostique, des IRM pourraient aussi identifier les mécanismes du cerveau où la maladie affecte le système nerveux central, selon les auteurs. L'hypothèse d'une cause virale est volontiers retenue car une infection est souvent repérée comme facteur de déclenchement, couplée à un dysfonctionnement du système immunitaire.

Le syndrome de la fatigue chronique peut finir par être difficilement supportable par la personne qui en est atteint. L'état de fatigue ne cède pas au repos et le sommeil n'est pas réparateur ce qui finit par affecter le moral. © Lars Zahner / shutterstock.com