Des gènes influencent l’intelligence, mais ce n’est pas le seul facteur. © JorgeAlejandro, Fotolia

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Intelligence humaine : 40 gènes identifiés

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Une recherche portant sur près de 80.000 personnes a identifié 40 nouveaux gènes jouant un rôle dans l'intelligence, en plus des 12 déjà connus. Mais l'intelligence n'est pas qu'une affaire de génétique...

D'après des travaux sur des jumeaux, les gènes joueraient environ pour moitié dans les différences de QI entre individus. Le reste dépendrait d'autres facteurs comme l'alimentation, l'environnement, le statut socio-économique, l'état de santé... Mais quels sont les gènes de l'intelligence ?

Dans un article paru dans Nature Genetics, une équipe internationale a recherché des marqueurs liés à l'intelligence dans 13 groupes de personnes descendant de populations européennes. En tout, 78.308 individus ont participé. Sur 52 gènes ainsi identifiés, 40 étaient nouveaux et s'exprimaient surtout dans le cerveau ; certains participaient au développement cellulaire.

La génétique ne fait pas tout

Ces gènes pouvaient être associés à de meilleurs résultats scolaires, à un tour de tête plus grand à la naissance, à une plus grande longévité, mais aussi à l'autisme.

De telles recherches qui portent sur la génétique de l'intelligence soulèvent de nombreuses interrogations sur l'objectif poursuivi : pourrait-on sélectionner des embryons selon la puissance de leur cerveau ? Ou fabriquer des médicaments pour stimuler l'intelligence ?

Danielle Posthuma, de l'université libre d'Amsterdam et qui a dirigé cette étude, prévient que « les gènes ne déterminent pas tout pour l'intelligence. Il y a tellement d'autres facteurs qui affectent la façon dont quelqu'un réussit un test de QI... ». La chercheuse se veut rassurante et affirme dans The Guardian« Je ne pense pas que ce qui est écrit dans nos gènes détermine nos vies ».

Pour en savoir plus

Gènes et intelligence : une pièce de plus au débat

Article de Laurent Sacco paru le 11 août 2011

Le journal Molecular Psychiatry vient de publier un article de chercheurs de l'université d'Edinburh qui risque d'échauffer les esprits. Le sujet n'est pas politiquement correct puisqu'il concerne les liens entre hérédité et intelligence. L'article affirme en effet que l'intelligence est hautement héréditaire et polygénique.

Le débat entre les partisans d'une origine principalement génétique ou environnementale de l'intelligence est ancien et il peut se révéler particulièrement houleux. S'il est certain qu'aucun de ces deux facteurs n'explique à lui seul les capacités intellectuelles des individus, la part de chacun est l'objet de vives discussions. De plus, se pose la question d'une définition de l'intelligence et là aussi, notamment avec la notion de QI, les discussions sont âpres.

En tout état de cause, personne ne peut soutenir qu'il existe un gène de l'intelligence, même si certains avancent des études portant sur les jumeaux et certaines familles, laissant entendre qu'une composante génétique pouvait jouer un rôle important. Personne ne niera non plus que selon l'éducation, les conditions d'existence matérielles et sociales, le développement de certaines aptitudes intellectuelles sera facilité ou au contraire entravé.

Deux grands types d'intelligence

Toujours est-il qu'un groupe de chercheurs s'est intéressé à un échantillon de 3.500 personnes en Angleterre, Écosse et Norvège chez qui les aptitudes dans le domaine de ce qu'on appelle l'intelligence fluide et l'intelligence cristalline ont été évaluées.

Rappelons qu'en psychologie, les intelligences fluide et cristallisée (en abrégé Gf et Gc, respectivement) sont des facteurs de l'intelligence générale initialement identifiés par Raymond Cattell.

Raymond Bernard Cattell, né le 20 mars 1905 et décédé le 2 février 1998, est un psychologue britannique et américain. Il a théorisé l'existence de deux formes d'intelligence à la base des capacités cognitives humaines, l'intelligence fluide et l'intelligence cristallisée. © Wikipédia-famille Cattell

L'intelligence fluide (ou raisonnement fluide) est définie comme la capacité à penser logiquement et résoudre des problèmes dans des situations nouvelles, indépendantes de l'acquisition de connaissances. Elle est par exemple mise en pratique lorsque l'on cherche à résoudre des problèmes de logique dans diverses sciences dures.

L'intelligence cristallisée est par contre définie comme la capacité à utiliser les compétences, les connaissances et l'expérience acquises et mises en mémoire. Les deux types d'intelligence, bien qu'ils puissent être corrélés entre eux, sont considérés comme reposant sur des systèmes neuronaux et mentaux distincts.

L'étude de 549.692 polymorphismes d'un seul nucléotide

Les chercheurs ont ensuite examiné près d'un demi-million de marqueurs génétiques dans l'ADN de ces 3.500 personnes. Plus précisément, ils se sont concentrés sur des questions en rapport avec le polymorphisme nucléotidique ou polymorphisme d'un seul nucléotide (SNPSingle-Nucleotide Polymorphism). Il s'agit de la variation (polymorphisme) d'une seule paire de bases du génome, entre individus d'une même espèce. Ces variations sont fréquentes (environ 1 sur 1.000 paire de bases dans le génome humain).

Selon eux, il a été mis en évidence une corrélation indéniable entre les capacités des personnes du point de vue des deux types d'intelligence générale et leur bagage génétique, même s'il n'est pas possible de relier dans les détails ces aptitudes aux gènes des personnes. Au moins 40 à 50 % de ces différences auraient une origine génétique, comme il est expliqué dans un article donné en lien ci-dessous.

Toutefois, deux des auteurs principaux de l'étude, les professeurs Ian Deary et Peter Visscher, indiquent que « ces résultats laissent aussi beaucoup de place pour les influences environnementales et des interactions entre les gènes des personnes et leurs environnements ».

Interview : comment est née l'intelligence artificielle ?  L’intelligence artificielle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (institut de l’Internet et du multimédia), nous explique l'origine de ces recherches.