Certaines femmes ressentent encore la pression sociale de devoir être parfaites. Pourtant, la majorité d'entre elles se sentent bien dans leur corps. © Dudarev Mikhail, Shutterstock

Santé

Le corps des femmes : décryptage de six idées reçues

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Les femmes restent encore sous-représentées dans les études scientifiques, pour des raisons historiques et parfois sexistes : préserver de futures mères des essais cliniques, mères indisponibles car devant garder les enfants, système hormonal trop complexe par rapport au système masculin, etc. Aussi, les mythes concernant leur corps ne manquent pas. Éclairage.

Les femmes n'aiment pas leur corps

Faux. En France, 57 % s’estiment plutôt heureuses dans leur corps. Si elles ressentent encore la pression sociale de devoir être parfaites, la majorité des femmes ne tombent plus dans le panneau des canons de beauté véhiculés par la publicité. Elles sont d'ailleurs 71 % à être satisfaites de leur vie sexuelle qui est liée à leur bien-être psychologique, affectif mais aussi corporel.

Un médecin peut diagnostiquer une femme vierge

Plusieurs études rapportent qu'il est loin d'être évident de départager les femmes vierges des femmes sexuellement actives. Une croyance inexacte porte d'ailleurs sur le fait que l'hymen, la membrane qui obstrue partiellement l'orifice vaginal, ferme ce dernier complètement jusqu'à ce que la virginité soit perdue. En vérité, un orifice existe dès la naissance en vue de l'écoulement des règles à l'adolescence. Dans de rares cas, une variation anatomique de l'hymen, appelée imperforation et diagnostiquée à la naissance, nécessite une incision chirurgicale pour permettre des menstruations normales. En France, l'âge du premier rapport sexuel des femmes était, en 2007, de 17,6 ans contre 17,2 ans pour les hommes.

Au-delà des siècles et des frontières, le corps de la femme continue d'alimenter nombre de fantasmes, plus ou moins heureux. Ainsi, une jolie croyance veut que si les rayons de la Lune touchent le corps d'une femme qui se déshabille, sa fertilité en sera augmentée. © Friederike Ablang

Les antibiotiques rendent la pilule peu fiable

S'il s'agit de la catégorie d'antibiotiques non inducteurs enzymatiques, le risque de grossesse en cas de traitement ne semble pas significatif, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres autorités sanitaires. Il n'est ainsi pas recommandé d'adopter des précautions supplémentaires lors de la prise de tels antibiotiques, à condition de prendre correctement sa pilule contraceptive et de respecter la conduite à tenir en cas de diarrhée ou de vomissements.

Les fabricants, par principe de précaution, recommandent d'utiliser une méthode contraceptive non hormonale pendant le traitement et les sept premiers jours qui suivent en cas de prise concomitante de certains antibiotiques non inducteurs enzymatiques. Un bémol concerne toutefois certains types d'antibiotiques inducteurs enzymatiques, cette fois, comme la rifampicine, prescrit pour traiter la tuberculose. Ce médicament entraîne une baisse importante et rapide des taux d'œstradiol ou d'éthinylœstradiol. En cas de doute, il convient de consulter la notice de la contraception ainsi que son médecin.

Contrairement à une croyance, l'efficacité des pilules progestatives n'est pas réduite par l'utilisation d’antibiotiques non inducteurs enzymatiques et aucune contraception supplémentaire n'est nécessaire en cas de traitement, d'après l'Organisation mondiale pour la santé (rapport de 2013). © Mk2010, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Les femmes et les hommes ont besoin d'un sommeil égal

Mal dormir chez les femmes engendre une détresse psychologique du fait du manque de sommeil. Plus la fatigue est intense, plus elles seraient déprimées et en colère, deux caractéristiques que les hommes en manque de sommeil ne développeraient pas. En outre, les femmes qui dormiraient cinq heures ou moins par nuit seraient deux fois plus susceptibles de souffrir d'hypertension que si elles sommeillaient au moins sept heures, un résultat non significatif chez la gent masculine, conclut une étude scientifique. Elles s'exposeraient aussi à des risques cardiaques et inflammatoires accrus. Solution possible : une sieste pour pallier le manque de sommeil, pourvu qu'elle ne soit pas trop longue (pas plus d'une heure et demie).

La ménopause provoque la chute de la libido

Cette perte de désir sexuel n'est ni systématique ni définitive : 90 % des femmes âgées de 50 ans déclarent avoir eu des relations sexuelles au cours des 12 derniers mois, contre 53 % en 1970, indique une étude de l'Inserm datée de 2006. En revanche, la libido peut être altérée pour différentes raisons : les rapports sexuels peuvent devenir douloureux pour la femme du fait d'une chute hormonale qui provoque notamment une sécheresse vaginale.

Différentes solutions peuvent aider à résoudre le problème : pratiquer le yoga pour favoriser la circulation sanguine, manger du poisson, des fruits et des sucres complexes (pâtes, riz) pour garder la forme ou encore recourir à des lubrifiants pour traiter la sécheresse vaginale. Enfin, entretenir le désir dans sa tête reste une valeur sûre !

Une femme ne peut pas tomber enceinte pendant ses règles

« Quand il s'agit de grossesse, rien n'est impossible », déclare Aaron Carroll, professeur de pédiatrie à l'université de l'Indiana, aux États-Unis, et coauteur d'un livre sur les mythes en rapport avec le corps et la santé (Don't Swallow Your Gum: Myths, Half-truths and Outright Lies About Your Body and Health, St. Martin's Griffin, 2009). Une fois à l'intérieur d'une femme, un spermatozoïde peut patienter — parfois une semaine — que l'occasion se présente de féconder un ovule. Et l'ovulation peut survenir parfois durant les règles de la femme. Pour le professeur, les couples qui pratiquent une contraception basée sur le cycle menstruel s'appellent souvent des... parents.