L’électrostimulation permet une meilleure plasticité cérébrale, d’où une amélioration de la mémoire et des apprentissages. © polygraphus, Shutterstock

Santé

Demain, il sera possible d'améliorer votre mémoire

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Marie-Céline Jacquier, Futura-Sciences

Au laboratoire, des chercheurs italiens ont stimulé les performances cognitives et la mémoire de souris grâce à la stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS). L'Homme pourra-t-il lui aussi améliorer ses capacités intellectuelles par l'électrostimulation ?

La plasticité cérébrale est la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions entre neurones. Elle joue un rôle fondamental dans les apprentissages et la mémoire. Aussi, il serait intéressant de stimuler cette plasticité du cerveau pour améliorer la mémoire des individus. C'est peut-être ce qui sera bientôt possible par des stimulations électriques du cerveau.

Dans une recherche parue dans Scientific Reports, des chercheurs de l'université catholique de Rome ont étudié les effets de la stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS) sur la plasticité cérébrale de l'hippocampe (une région du cortex importante pour la mémorisation).

La tDCS est une technique non-invasive de stimulation cérébrale qui utilise deux électrodes placées sur le crâne et délivrant un courant électrique de très faible intensité. Alors que la tDCS a été utilisée pendant des années pour traiter des patients souffrant de troubles comme l'AVC, la dépression ou le trouble bipolaire, peu d'études se sont intéressées au lien entre cette technique et l'amélioration de la plasticité cérébrale.

Claudio Grassi (à droite) et son équipe ont travaillé sur les effets de l’électrostimulation cérébrale sur les souris. © Docteur Claudio Grassi

Stimuler la plasticité cérébrale et les apprentissages

Après avoir exposé les souris à des sessions de 20 mn de tDCS, les chercheurs ont vu des signes d'amélioration de leur mémoire et de leurs apprentissages, pendant au moins une semaine : les souris ont amélioré leurs performances dans des tests où elles devaient se déplacer dans un labyrinthe d'eau et distinguer des objets connus ou inconnus.

L'équipe a aussi découvert une augmentation de la plasticité cérébrale dans l'hippocampe et de la production d'une protéine : BDNF (brain-derived neurotrophic factor), une neurotrophine fabriquée par les neurones, essentielle au développement neuronal et au contrôle de la plasticité synaptique. La stimulation de la plasticité cérébrale se faisait grâce à la régulation épigénétique de l'expression de BDNF et par une activation de sa transcription.

Ces résultats suggèrent que l'électrostimulation améliore la mémoire par un remodelage de la chromatine au niveau des séquences de régulation de BDNF, conduisant à une augmentation de l'expression de son gène. La tDCS permet donc d'imaginer de nouvelles thérapies pour renforcer l'apprentissage et la mémoire dans différents troubles, comme la maladie d’Alzheimer. Claudio Grassi, qui a mené cette recherche, signale à ce sujet : « Nous avons déjà des résultats prometteurs dans des modèles animaux de maladie d'Alzheimer ».

Interview : peut-on numériser la conscience ?  La science fonctionne souvent par biomimétisme, c'est-à-dire en s'inspirant du vivant. Numériser la conscience humaine est donc une étape logique dans la création d’une intelligence artificielle censée simuler ou outrepasser nos capacités. Futura-Sciences a rencontré Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (institut de l’Internet et du multimédia) afin de comprendre les difficultés d’une telle entreprise. 

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