Quel lien entre glyphosate et cancer ? Le glyphosate est le pesticide le plus utilisé au monde. © gerduess, Fotolia

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Glyphosate et cancer : une étude américaine relance le débat

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Une étude réalisée dans l'Iowa et la Caroline du Nord, aux États-Unis, et portant sur une vingtaine d'années n'a pas trouvé de lien significatif entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer. Seul le risque de leucémie aiguë myéloïde augmenterait nettement chez les gros utilisateurs de glyphosate.

Alors que l'Union européenne doit bientôt décider de quelle durée elle va prolonger l'autorisation du glyphosate, une vaste étude américaine parue dans Journal of the National Cancer Institute vient semer le doute.

Cette étude prospective, appelée Agricultural Health Study, a commencé dans les années 1990 et a suivi une cohorte de 54.251 agriculteurs et épandeurs de l'Iowa et de la Caroline du Nord (États-Unis) ; environ 83 % d'entre eux (44.932 personnes) utilisaient du glyphosate. Résultat : 5.779 cas de cancers ont été détectés sur la période d'étude. Cette dernière a été financée par des institutions américaines comme l'Institut national du cancer, et non par des industriels.

Il apparaît que l'utilisation de glyphosate n'était pas associée au risque global de cancer. Cependant, ceux qui utilisaient le plus de glyphosate sur vingt ans avaient un risque bien plus élevé de leucémie aiguë myéloïde : par rapport à ceux qui n'avaient pas utilisé de glyphosate, leur risque était multiplié par un facteur 2,4.

La leucémie aiguë myéloïde est un cancer de la moelle osseuse lié à la prolifération anormale de cellules précurseurs des globules blancs. © toeytoey, Fotolia

Des pesticides toxiques pour l'Homme et l'environnement

Ces résultats vont donc à l'encontre de la position du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2015, il avait classé le glyphosate comme « cancérogène probable » en se basant sur des études réalisées chez l'animal et d'autres, épidémiologiques, indiquant un risque accru de lymphome non hodgkinien.

En 2013, une expertise collective de l’Inserm a également mis en évidence un lien entre l'exposition professionnelle à des pesticides et la maladie de Parkinson ainsi que certains cancers (prostate, lymphome non hodgkinien, myélome multiple), sans préciser quels pesticides en particulier étaient concernés.

Enfin, outre le risque pour la santé humaine, la contamination des eaux par le glyphosate pose également des questions à propos de l'impact sur la faune sauvage. Des études ont en effet montré la toxicité du glyphosate sur le comportement et le développement des poissons. Contrairement à ce que sous-entendait à une époque la publicité de Monsanto pour le Roundup, qui lui a valu une condamnation pour publicité mensongère, le glyphosate n'est pas biodégradable et perdure dans l'environnement. Le glyphosate ou son produit de dégradation l'AMPA sont même les molécules issues de pesticides les plus fréquemment rencontrées dans les rivières françaises.

  • L'étude a porté sur environ 50.000 personnes travaillant dans le domaine agricole.
  • Hormis pour la leucémie aiguë myéloïde, les chercheurs n'ont pas trouvé de lien entre l'usage du glyphosate et la fréquence de cancers.
  • Ceci semble contredire la position du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), qui a classé le glyphosate comme « cancérogène probable » en 2015.
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