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En bref : l’OMS prévoit 22 millions de cancers pour 2030

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Un rapport sur l'incidence du cancer dans le monde fait froid dans le dos. Selon les experts, le nombre de nouveaux cas annuels devrait presque doubler d'ici 2030. Ils appellent les autorités à multiplier les mesures de prévention pour réduire les risques.

À Pékin et dans d'autres métropoles chinoises, la densité des particules atteint régulièrement des taux dépassant de près de 40 fois le plafond préconisé par l'OMS. Récemment, une fillette de 8 ans a développé un cancer du poumon dans ce pays, où le nombre de décès dus au cancer a été multiplié par quatre en 30 ans. © Proggie, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les progrès de la recherche sur le cancer ne suffisent pas. Selon un rapport réalisé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le centre international de recherche sur le cancer (Circ), le nombre de personnes touchées par cette maladie devrait atteindre les 22 millions annuels en 2030, soit 8 millions de plus qu'en 2012. Le nombre de décès devrait quant à lui passer de 8,2 à 13 millions. « Les pays à bas et moyens revenus seront incontestablement les plus touchés, ajoute Margaret Chan, la directrice générale de l'OMS. Car leur système de santé n'est pas adapté à une telle menace. » En 2012, plus de 60 % du nombre total de cancers dans le monde sont d'ailleurs survenus en Amérique latine et en Asie, principalement en Chine.

Le cancer du poumon est le plus diagnostiqué (1,8 million de cas en 2012), devant celui du sein (1,7 million) et du colon (1,4 million). C'est également, et de loin, le plus meurtrier (1,6 million de décès en 2012). Et ces chiffres risquent d'empirer avec les années. « Compte tenu de la croissance, du vieillissement de la population et du développement de facteurs de risques comme le tabagisme, la sédentarité et les changements de régime alimentaire, la situation devrait fortement s'aggraver dans les prochaines décennies », insiste Christopher Wild, le directeur du Circ.

Que faire ? Face à cette épée de Damoclès, les spécialistes encouragent les pays à continuer la recherche contre le cancer tout en développant des mesures de prévention à grande échelle. Ils préconisent par exemple la mise en place d'une vaste campagne de vaccination contre le papillomavirus, l'agent responsable de la majorité des cancers du col de l’utérus. D'autre part, il semble crucial de continuer les campagnes antitabac et de multiplier les actions pour réduire la sédentarité et l'obésité. Le rapport rappelle également que le dépistage précoce, y compris par des méthodes peu sophistiquées, est essentiel pour prendre en charge rapidement et mieux soigner les malades. Enfin, ils appellent les dirigeants à appliquer des mesures réglementaires afin de protéger la population contre la pollution.