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Le pouvoir des hormones dans le désir sexuel féminin

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Les hormones sexuelles féminines pilotent la libido. Une équipe américaine montre comment les fluctuations hormonales au cours du cycle menstruel orchestrent le désir sexuel. Ce dernier atteint son maximum aux alentours de l'ovulation, le moment propice pour une fécondation.

Selon une étude, le désir sexuel féminin serait contrôlé par les hormones ovariennes. © Franck Vervial, Flickr, cc by nc nd 2.0

La sexualité féminine est gouvernée par de nombreuses substances chimiques. Une équipe de chercheurs de l'université de Californie à Santa Barbara vient de démontrer l'influence des hormones sur le désir féminin. Cette étude, publiée dans la revue Hormones and Behavior, pourrait permettre de développer des traitements chez les femmes souffrant de manque de libido. Une étude intéressante à mentionner en ce 26 avril 2013, journée dédiée à l'asexualité, une pathologie mal connue qui correspond à un défaut de désir sexuel.

Les hormones ovariennes, œstrogènes et progestérone, assurent la coordination du cycle féminin et préparent la muqueuse utérine en vue de l'implantation de l'embryon. Ce cycle s'orchestre en deux phases, folliculaire et lutéale, entre lesquelles on trouve l'ovulation, c'est-à-dire le moment clé où l'ovule est prêt à accueillir un spermatozoïde. Un pic d'œstrogènes se produit environ deux jours avant l'ovulation, puis le taux de progestérone augmente régulièrement avant de chuter en fin de cycle. Les scientifiques américains se sont intéressés à l'effet de ces deux hormones sur l'appétit sexuel.

Selon cette étude, l’œstradiol augmenterait le désir sexuel, alors que la progestérone le diminuerait. Ainsi, la libido serait à son paroxysme au milieu de cycle, c’est-à-dire vers l’ovulation. © Steven Parker, Flickr, cc by 2.0

Désir sexuel maximal près de l’ovulation

Dans cette étude, plusieurs cycles menstruels de jeunes femmes ont été étudiés en détail. Chaque jour, les chercheurs les ont interrogées sur leurs pratiques et désir sexuels, et ont prélevé des échantillons salivaires. Ils ont ainsi pu mesurer la concentration en progestérone, mais aussi en œstradiol, une hormone de la famille des œstrogènes. Grâce à ces données, l'équipe a pu comparer les niveaux d'hormones ovariennes au cours du cycle avec l'appétit sexuel.

Les résultats montrent que l'œstradiol et la progestérone ont deux effets opposés sur le désir : le premier l'augmente, l'autre le diminue. Ainsi, la libido atteint son maximum aux alentours du pic d'œstrogènes, c'est-à-dire près de l'ovulation... puis l'envie sexuelle diminue lorsque le taux de progestérone grimpe.

En plus de ces deux types d'hormones ovariennes, les femmes produisent de la testostérone en petite quantité, dix fois moins que les hommes. La testostérone est parfois utilisée comme médicament pour lutter contre le manque de désir. Les auteurs ont donc également analysé l'effet de cette hormone sur la libido, mais n'ont pas mis de corrélation en évidence.

Au vu de ces résultats, des méthodes de traitement pourraient voir le jour. Cependant, de nombreuses études restent à effectuer. James Roney, directeur de ces travaux, aimerait répéter cette expérience sur un plus grand nombre de femmes d'âges et de communautés différents.