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Les musiciens professionnels auraient une meilleure mémoire

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Des chercheurs en psychologie se sont penchés sur le cerveau de musiciens classiques et ont établi, pour la première fois, un possible lien entre la pratique musicale et une meilleure mémoire à long terme.

La pratique d’un instrument de musique pendant des années aurait de multiples influences sur les performances du cerveau qu’elle améliorerait. Il semble qu’elle ait des effets sur la mémoire. © Alexandru Nika, shutterstock.com

« Nous savons que les personnes ayant suivi une formation musicale réussissent à analyser du matériel linguistique plus rapidement que les non-musiciens et des études précédentes avaient également montré que les instrumentistes affichaient une meilleure mémoire de travail », explique Heekyeong Park, professeur assistant à l'Université du Texas d'Arlington, en parlant des résultats d'une étude présentée à l'occasion du congrès annuel de la Society for Neuroscience, à Washington DC.

À noter que le terme mémoire de travail est utilisé en psychologie pour faire référence à la mémoire à court terme qui permet à chacun de maintenir des informations pendant plusieurs secondes. Grâce à différentes technologies — l'électro-encéphalographie (EEG), l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et l'imagerie spectroscopique proche infrarouge fonctionnelle (ISPIf) — les chercheurs ont mesuré l'activité électrique des neurones de 29 participants, parmi lesquels 14 musiciens avec au moins 15 ans d'expérience musicale.

Valentina Lisitsa est une pianiste ukrainienne de niveau international. Elle s’est rendue célèbre avec ses vidéos postées sur YouTube. © ValentinaLisitsa, YouTube

Une mémoire picturale améliorée à long terme

Ils ont testé leur mémoire à court terme en leur montrant des images et en mettant en place des exercices oraux. Lors d'une deuxième phase, leur mémoire à long terme a été vérifiée en leur montrant les mêmes images et d'autres, inconnues en leur demandant de préciser lesquelles étaient nouvelles.

« Nous voulions savoir s'il y avait des différences entre les tâches verbales et picturales et si quelque bénéfice pouvait se retrouver sur la mémoire à long terme », a commenté le professeur Park. « Si on arrivait à prouver leur bien-fondé, est-ce que ces bénéfices pourraient représenter une possibilité d'intervention à explorer pour les personnes souffrant de problèmes cognitifs ? »

Les différents scanners ont montré que les musiciens traitaient les réponses dans les lobes frontal et pariétal et de manière distincte des personnes ne pratiquant pas la musique. Les instrumentistes enregistraient de meilleurs résultats que leurs pairs à la fois lors des tâches picturales et verbales en lien avec la mémoire de travail, et leurs résultats d'EEG ont montré qu'ils affichaient une réponse neuronale plus rapide. Lorsqu'ils ont testé leur mémoire sur le long terme, les musiciens ont enregistré de meilleurs résultats, mais seulement sur le volet pictural, pas oral.