Santé

Des herbes aromatiques pour réduire les risques de maladies du vieillissement ?

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Selon une nouvelle étude, certains antioxydants présents dans des herbes culinaires renforcent la mémoire et l'apprentissage chez la souris. Ces travaux offrent une piste pour contrer les maladies neurodégénératives qui touchent un nombre grandissant d'individus. Reste cependant à déterminer l'effet de ces composés sur l'activité cérébrale chez l'Homme.

Les plantes et les animaux utilisent et produisent de nombreux antioxydants pour se protéger des radicaux libres créés lors de la respiration cellulaire. Selon cette étude, les antioxydants présents dans la menthe et le romarin favorisent la mémoire et l’apprentissage chez la souris. Qu'en est-il chez l’Homme ? © madlyinlovewithlife, Flickr, cc by nc nd 2.0

Grâce à la respiration cellulaire, les cellules obtiennent l'énergie nécessaire à leur fonctionnement. Cette réaction cruciale a cependant son côté obscur car elle entraîne l'apparition de radicaux libres, des molécules très réactives qui ont tendance à s'accumuler dans les cellules. Elles peuvent alors altérer différents composants cellulaires essentiels comme les protéines, l'ADN et les membranes. Mais à l'aide d'enzymes antioxydantes, les cellules peuvent se défendre contre les attaques des radicaux libres.

Cependant, avec les années, ces enzymes protectrices s'affaiblissent et les tissus finissent peu à peu par vieillir. Cette théorie n'est cependant pas partagée par toute la communauté scientifique. Une étude suggère par exemple que l'augmentation des radicaux libres dans les cellules est une conséquence plutôt qu'une cause du vieillissement cellulaire.

Le cerveau humain représente 2 % de la masse corporelle mais consomme 20 % de l’oxygène que nous absorbons. Comme toutes les cellules, les neurones sont peu à peu altérés par les dérivés réactifs de l’oxygène, produits au cours de la respiration cellulaire. © Zeiss Microscopy, Flickr, cc by nc nd 2.0

La menthe et le romarin améliorent les capacités cognitives… des souris

Dans notre société où la moyenne d'âge augmente, les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson prennent de plus en plus d'ampleur. Selon l'Inserm, le nombre de Français souffrant de la maladie d’Alzheimer devrait atteindre les deux millions d'ici 2020 ! Face à ce constat alarmant, les chercheurs travaillent avec ardeur pour concevoir des traitements préventifs et curatifs.

Selon certains spécialistes, une carence en antioxydants pourrait conduire au développement des maladies neurodégénératives. Et si l'ingestion de ces molécules était une solution pour limiter la progression de ces pathologies ? Pour tester cette hypothèse, des chercheurs de l'université de Saint-Louis dans le Missouri (États-Unis) ont analysé l'effet de la prise de composés antioxydants sur l'activité cérébrale de souris. Leurs résultats ont été présentés au cours de la conférence Neuroscience 2013 qui a eu lieu cette année à San Diego (États-Unis).

Pour cette étude, les auteurs ont complémenté l'alimentation de souris avec des extraits d'acide carnosique et d'acide rosmarinique, deux composés antioxydants retrouvés respectivement dans les feuilles de romarin et de menthe verte. Après 90 jours de ce régime, ils ont mesuré les capacités cognitives des rongeurs par trois tests comportementaux différents. Leurs résultats suggèrent que les antioxydants améliorent la mémoire et l'apprentissage chez les souris. En analysant leur cerveau, les chercheurs ont également montré une diminution de la concentration en radicaux libres chez les animaux ayant ingéré des antioxydants.

L’extrapolation chez l’Homme est délicate

Selon les auteurs, ces expériences suggèrent que certains antioxydants présents dans les plantes améliorent l'activité cérébrale et pourraient réduire les risques de développer une maladie neurodégénérative, comme Alzheimer. Cependant, comme toujours avec ce type d'analyse, il est difficile d'extrapoler les résultats chez l'Homme.

« Ces données signifient probablement que la menthe verte et le romarin sont bons pour la santé, explique Susan Farr, la principale auteure de ces travaux. Cependant, les expériences ont été réalisées chez la souris et nous ne connaissons pas encore la quantité d'herbes qu'un être humain doit manger pour observer un effet bénéfique sur sa santé mentale. » De nouvelles études sont donc nécessaires. « Cela vaudrait le coup de continuer l'enquête », conclut-elle.