Santé

Cerveau d'homme et cerveau de femme : le câblage serait différent

ActualitéClassé sous :biologie , cerveau , cerveau d'homme

Durant l'adolescence, la croissance cérébrale diffère chez les garçons et les filles, ce qui aboutit à des connexions différentes selon les sexes. Les hommes sont davantage branchés d'avant en arrière, tandis que les femmes le sont plutôt de droite à gauche. Ce pourrait être une explication neurologique à la différence cognitive observée entre les genres. Mais gare aux clichés...

D'un point de vue général, le cerveau des hommes est légèrement plus volumineux que celui des femmes... mais surtout branché différemment ! © Heidi Cartwright, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les hommes et les femmes peuvent-ils vraiment se comprendre ? Probablement. Mais après de longs efforts. Car qu'on le veuille ou non, il existe des différences entre les sexes. Au niveau cognitif au moins. Une étude récente mettait en évidence que la gent féminine sait davantage faire preuve d'attention que son homologue masculine, a une meilleure mémoire des mots et des visages, et manifeste une plus grande intelligence sociale. En revanche, elle se trouve moins brillante en ce qui concerne la capacité à traiter l'information visuelle par exemple.

Pour expliquer ces faits, les chercheurs ont comparé les cerveaux. Globalement, les hommes présentent beaucoup de substance blanche, qui caractérise surtout les connexions entre les différentes régions de l'encéphale. À l'inverse, les femmes sont mieux pourvues en matière grise, point de départ de la pensée.

Mais ce ne sont pas les seules, comme le confirme une étude parue dans Pnas, menée pour la première fois sur un vaste échantillon. Si l'on se focalise uniquement sur les branchements, ils s'orientent différemment selon le genre. Pour les hommes, ceux-ci sont plus denses au sein d'un même hémisphère, donc pour des liaisons d'avant en arrière. Chez les femmes, en revanche, les trajectoires perpendiculaires sont renforcées, car elles disposent de davantage de connexions entre chacun des hémisphères.

Des connexions dans le cerveau qui évoluent à l’adolescence

Ragini Verma, scientifique à l'université de Pennsylvanie (États-Unis), a recruté très exactement 949 jeunes gens, âgés entre 8 et 22 ans (428 garçons et 521 filles). Tous sont passés sous un IRM de diffusion, utilisé pour mettre en évidence les fibres nerveuses et donc les branchements dans le cerveau.

On observe davantage de connexions intrahémisphériques chez les hommes (en haut, en bleu), mais plus de connexions intrerhémisphériques chez les femmes (en bas, en orange). © Ragini Verma et al., université de Pennsylvanie

L'analyse globale révèle que chez les hommes, l'information passe bien entre le cortex frontal, siège de la coordination de l'action, et le cervelet, à l'arrière de l'encéphale, qui gère les mouvements. À l'intérieur de cette structure, les scientifiques ont malgré tout observé de nombreuses connexions d'un hémisphère à l'autre. Ces données suggèrent donc une meilleure aptitude pour l'exécution des tâches motrices. Les femmes quant à elles montrent davantage de câblages entre l'hémisphère droit, qu'on schématise souvent comme étant lié à l'intuition, et son homologue de gauche, associé à la logique. Elles seraient donc mieux équipées pour intégrer les données. Des conclusions à surtout prendre avec des pincettes car probablement un peu simplistes...

Les chercheurs ont également observé l'ampleur des différences en fonction de l'âge. Entre 8 et 13 ans, les cerveaux demeurent assez ressemblants selon les sexes. En revanche, ils sont les plus dissemblables entre 14 et 17 ans, en plein milieu de l'adolescence, avant que les différences ne s'atténuent un peu chez les jeunes adultes.

L’architecture cérébrale des troubles neurologiques

Les auteurs précisent qu'ils viennent de publier la plus vaste étude permettant de lier la structure du cerveau à différentes fonctions cognitives. Ils soulignent également la formidable complémentarité qui existe entre les cerveaux des deux sexes. Mais sans pouvoir encore l'expliquer.

Ce genre de recherche permet d'aider à mieux comprendre le fonctionnement de notre encéphale, mais peut être utilisé pour tenter de faire la lumière sur certains troubles neurologiques liés au sexe.