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En bref : le cerveau aurait-il perdu 14 milliards de neurones ?

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Alors que les scientifiques s'accordaient pour estimer que le cerveau humain se composait de 100 milliards de neurones, d'autres calculs viennent de revoir à la baisse ces chiffres : nous n'en disposerions que de 86 milliards. Est-ce grave docteur ?

Le cerveau humain ne comporterait pas autant de neurones que ce qui était estimé jusque-là. Mais ce ne sont pas les seules cellules que l'on retrouve dans l'organe de la pensée. Il existe aussi des cellules gliales, qui ne transportent pas l'information nerveuse mais qui supportent les neurones, les protègent et les nourrissent. Elles seraient aussi nombreuses. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Le cerveau commence mal sa semaine. D'après les dires de Suzanna Herculano-Houzel, chercheuse à l'université fédérale de Rio de Janeiro, la quantité de neurones de l'encéphale aurait été surestimée... de 14 milliards. Au lieu des 100 milliards régulièrement admis, nous ne disposerions donc que de 86 milliards de cellules nerveuses.

Comment est-elle parvenue à cette conclusion ? Elle explique via un podcast sur le site de la revue Nature Neuroscience qu'il a fallu tout recompter à partir de quatre cerveaux légués à la science par des hommes âgés de 50, 51, 54 et 71 ans, décédés de maladies non neurologiques. Après avoir dissous les membranes des neurones, elle disposait d'une soupe d'encéphales. En comptant les noyaux des cellules nerveuses sur un échantillon, elle a pu extrapoler à l'échelle de l'organe et obtenir ces chiffres inédits. Attention tout de même à l'importance à accorder à ce genre de découvertes : lorsqu'on manipule des chiffres d'une telle grandeur, une petite incertitude au départ produit de gros effets à l'arrivée.

Cette différence de 14 milliards de neurones n'est pas aussi négligeable qu'elle en a l'air. Cela correspond à peu près à la quantité de cellules nerveuses retrouvées dans un cerveau de babouin, ou la moitié de ce qui est présent dans la tête des gorilles, des animaux réputés pour leurs capacités intellectuelles. Mais on le sait bien, ce n'est pas la taille qui compte. C'est l'utilisation qu'on en fait.