« Les Néandertaliens avaient vécu en Europe et dans l’ouest de l’Asie pendant 200.000 ans avant l’arrivée des humains modernes. Ils étaient probablement bien adaptés au climat, à l’alimentation et aux pathogènes et en s’accouplant avec eux, nous humains modernes avons hérité de ces adaptations avantageuses » explique Janet Kelso qui a signé une des deux études sur ce sujet. © Erich Ferdinand, Flickr, CC BY 2.0

Santé

Les allergies proviendraient de gènes hérités de l’Homme de Néandertal

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AFP WASHINGTON

Les allergies dont souffre l’Homme moderne proviendraient en partie de gènes hérités des Néandertaliens et Dénisoviens, des cousins éteints des humains, à la suite de croisements avec ces espèces il y a environ 40.000 ans, révèlent deux études.

Les accouplements préhistoriques font que tous les humains modernes à l'exception des Africains ont hérité de 1 à 6 % de gènes d'anciens hominidés comme l'Homme de Néandertal et de Denisova, des peuplades qui vivaient en Sibérie. Trois de ces gènes sont, parmi ceux provenant de ces deux espèces, les plus courants trouvés chez les Hommes modernes et jouent un rôle important dans le système immunitaire, expliquent ces deux études publiées dans la revue American Journal of Human Genetics.

Cette découverte suggère que l'héritage génétique confère un avantage dans l'évolution des humains en dopant leur système immunitaire. Mais ces gènes sont aussi responsables d'une sensibilité excessive de ce dernier, ce qui provoque des allergies. Les porteurs sont ainsi plus sujets à l'asthme, au rhume des foins et à d'autres allergies.

Ces gènes se sont probablement transmis aux Hommes modernes lorsque les premiers groupes ont quitté l'Afrique il y a environ 50.000 ans pour venir en Europe. Ils ont alors eu des rapports sexuels avec des Néandertaliens déjà établis en Eurasie.

Les gènes hérités de l’Homme de Neandertal et de Denisova seraient responsables d’une sensibilité excessive de notre système immunitaire. © Alexander Raths, shutterstock.com

Néandertal était bien adapté au climat et aux pathogènes du nord

« Notre étude montre que les croisements avec des humains archaïques ont eu des implications pratiques pour les Hommes modernes, dont la plus évidente a été notre adaptation à l'environnement en améliorant notre résistance aux pathogènes et notre métabolisme pour digérer de nouveaux aliments », explique Janet Kelso, principale auteure d'une des études. « Les Néandertaliens avaient vécu en Europe et dans l'ouest de l'Asie pendant 200.000 ans avant l'arrivée des humains modernes. Ils étaient probablement bien adaptés au climat, à l'alimentation et aux pathogènes et en s'accouplant avec eux, nous humains modernes avons hérité de ces adaptations avantageuses », poursuit-elle.

La chercheuse au Max Planck Institute, en Allemagne, a scanné les génomes d'humains contemporains pour détecter des gènes de Néandertaliens ou de l'Homme de Denisova. Deux des trois gènes du système immunitaire correspondaient à de l'ADN de Néandertal et le troisième à celui de Denisova.

Le plus commun de ces gènes a été trouvé dans toute la population non africaine, le second surtout chez les Asiatiques et le troisième, plus similaires à l'ADN de Denisova et plus rare, dans un petit groupe d'Asiatiques.

Lluis Quintana-Murci, de l'Institut Pasteur à Paris et principal auteur de la seconde étude, a examiné 1.500 gènes actifs dans le système immunitaire. Il a déterminé que la plupart des adaptations se sont produites il y a 6.000 à 13.000 ans, quand les humains sont passés du mode de vie chasseur-cueilleur à l'agriculture.

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