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Des baleines filmées pour la première fois dans leur vie intime

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Des biologistes marins ont installé sur des baleines à fanons (rorquals, baleines bleues et baleines à bosse) une caméra et des capteurs. Ils ont ainsi pu étudier leur technique de capture de proies (lunge-filter feeding) qui consiste à filtrer avec les fanons l'énorme quantité d'eau enfermée dans la bouche pour avaler ensuite les crevettes et les petits poissons. Ils ont par exemple découvert que la baleine ajuste finement ses mouvements pour s'adapter aux proies qui sont devant elle (fine-scale movements).

Malgré leur taille importante, les grands cétacés figurent parmi les mammifères dont les comportements sont les moins bien connus. Il n'est pas facile de suivre ces plongeurs rapides qui descendent à des centaines de mètres... Les rorquals, les baleines bleues et les baleines à bosse se nourrissent en engloutissant un énorme volume d'eau, dans une bouche agrandie par de profonds sillons sur la gorge, qui la rendent extensible, et par des mâchoires démesurées. En contractant les muscles de la gorge, la baleine expulse ensuite l'eau à travers les fanons, ces grandes structures en kératine qui ont valu son nom à cette famille de cétacés : les mysticètes, car mystacos signifie moustache en grec.

Les techniques de ces animaux et les énergies mises en jeu restent à découvrir mais une équipe de l'université de Stanford permet aujourd'hui, enfin, d'en savoir plus. Ces scientifiques ont mis au point un appareil à ventouse qui porte plusieurs instruments : caméra et accéléromètres, notamment, qui permettent de suivre tous les mouvements de la baleine. L'analyse des images permet ensuite de reconstituer précisément les techniques de « chasse ». Dans les commentaires de cette vidéo, les chercheurs expliquent ainsi que le contrôle fin des mouvements, « à petite échelle », doit réduire l'énergie nécessaire. Le travail ne fait donc que commencer et livrera dans les mois et les années à venir des informations inédites sur le comportement des grands cétacés.

© Stanford University