Afin de réduire la pollution automobile, les pouvoirs publics prennent de plus en plus régulièrement des mesures de réduction de vitesse. © elcovalana, Fotolia

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Réduire sa vitesse en voiture permet-il vraiment de réduire la pollution ?

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Lors des pics de pollution, les autorités limitent désormais les vitesses de circulation aux abords et au cœur des grandes villes, parfois même au-delà, sur des départements entiers. Il est en effet admis que lorsque les voitures roulent moins vite, elles polluent moins. Mais dans quelle mesure ?

Au point de départ de notre raisonnement, une constatation : plus on veut rouler vite, plus on accélère. Or, lorsque l'on appuie sur l'accélérateur, le moteur tourne plus rapidement. Il a alors besoin de plus d'énergie et, de fait, de plus de carburant pour fonctionner.

Cependant, il faut noter que la consommation de carburant n'est pas proportionnelle à la vitesse de la voiture. Ainsi, elle est maximale au démarrage. Les émissions de polluants (gaz à effet de serre, particules, etc.) sont, quant à elles, proportionnelles à la consommation.

Exemple : avec une voiture diesel (norme Euro 4), une baisse de vitesse de 10 km/h peut représenter une diminution des émissions d'oxydes d'azote (NOx) de 10 %. La majorité des études révèlent un effet plutôt positif des mesures de limitations de vitesse sur les voies les plus rapides avec une baisse des émissions allant jusqu'à 20 % et une amélioration notable de la qualité de l’air ambiant, selon l'Ademe

Si les mesures de limitation de vitesse semblent efficaces sur voies rapides, elles ne le sont pas nécessairement en zone urbaine. © maho, Fotolia

Seule la vitesse compte ?

Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples. Par exemple, une voiture qui circule en 5e vitesse à 50 km/h (mieux vaut éviter si vous tenez à votre véhicule) contraint son moteur à des efforts pour maintenir son régime de rotation et lui éviter de caler. Elle consomme donc plus qu'une voiture qui roule à la même vitesse, mais en 3e.

Un filtre à air encrassé (qui appauvrit le mélange carburant-comburant), des pneus sous-gonflés (dont la surface de contact avec la route est plus importante) ou encore la présence d'un coffre de toit sont autant d'éléments qui participent à une augmentation de la consommation d’une voiture, et donc, de ses émissions de polluants.

Un effet plus contrasté sur les routes urbaines

Considérant l'ensemble de ces paramètres, il s'avère que, sur les voies urbaines, les effets d'une réduction de vitesse sont plus contrastés. En fonction de la typologie de la zone, notamment, ou de l'impact sur la congestion du trafic, les études concluent par exemple à des variations de concentrations en dioxyde d'azote comprises entre -40 et +30 % et à des variations de concentrations de benzène comprises entre -45 et +100 % !

COP21 : les transports non-polluants sont-ils la clé d'un futur écologique ?  D'après notre consommation actuelle de pétrole, on estime que ce combustible fossile sera encore disponible pour 40 ans. L'or noir devient de plus en plus rare, cher et difficile à extraire. Dans cette interview, François Moisan, directeur exécutif de la stratégie et de la recherche de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), nous propose des solutions alternatives.